Culture
Les séries verticales, une révolution dans l’industrie du divertissement

Ces productions au format smartphone bouleversent les méthodes hollywoodiennes traditionnelles en proposant des contenus addictifs tournés en quelques jours seulement.
Dans un château factice sur les hauteurs de Los Angeles, une équipe réduite réalise en quelques prises une scène de tromperie conjugale. Ce tournage expéditif illustre l’émergence des dramas verticaux, un phénomène venu de Chine qui transforme profondément l’industrie audiovisuelle américaine. Conçues spécifiquement pour le visionnage sur téléphone portable, ces séries aux épisodes d’une minute connaissent un essor fulgurant et représentent désormais un marché de huit milliards de dollars.
Le producteur Vincent Wang définit ces programmes comme particulièrement envoûtants, soulignant leur capacité à être produits en trente jours contre plusieurs années pour les productions hollywoodiennes classiques. Apparus en Chine durant les années 2010, ces formats ont séduit par leur viralité et leur faible coût de production. Les plateformes spécialisées comme ReelShort, DramaBox et FlareFlow emploient désormais des milliers d’acteurs et réalisateurs parfois délaissés par les studios traditionnels.
Certains professionnels expriment des réserves concernant le rythme effréné des tournages et les thèmes parfois controversés abordés dans ces séries. L’acteur Zachary Shadrin reconnaît avoir initialement perçu ces productions comme problématiques, mais souligne l’évolution des scénarios vers des approches plus nuancées, comme dans la comédie romantique Love Through All Seasons qu’il interprète actuellement.
Le modèle économique repose sur un système de visionnage gratuit pour les premiers épisodes, suivis d’un passage à la monétisation pour découvrir la suite. Cette approche nécessite un rythme narratif soutenu avec de nombreux rebondissements, exploitant des archétypes narratifs facilement identifiables. Le réalisateur Weiyang Li explique que ce format répond à une demande de divertissement immédiat, sans exigence cognitive importante pour des publics souvent fatigués.
L’analyse des données d’audience permet aux producteurs d’identifier rapidement les recettes narratives performantes et de décliner des dizaines de variations en quelques mois. Les tournages démarrent fréquemment avant la finalisation des scénarios, parfois élaborés avec l’assistance d’intelligence artificielle. L’adaptation au format vertical réduit considérablement les coûts en limitant les décors et les effectifs techniques.
Si leur popularité reste plus marquée en Asie, les marchés occidental et européen offrent une rentabilité croissante. À Hollywood, ces productions deviennent une alternative attractive après les perturbations subies par l’industrie, entre pandémie, conflits sociaux et délocalisations. Pour de nombreux acteurs comme Nicholas McDonald, ces dramas représentent désormais la majorité des opportunités professionnelles, permettant de se consacrer pleinement au métier d’interprète après des années de précarité.

SociétéEn Ligne 6 joursLa 2CV revient en version électrique et divise ses fidèles
Faits DiversEn Ligne 4 joursÀ Lille, la mairie forcée et l’Apple Store pillé
Faits DiversEn Ligne 4 joursLimoges regarde son hôtel de ville partir en fumée
EuropeEn Ligne 7 joursMarine Le Pen défie Bruxelles sur le budget européen
PolitiqueEn Ligne 7 joursEncadrement des loyers, la Cour des comptes met ses conditions
CultureEn Ligne 5 joursCéline Dion referme en beauté son marathon parisien
ÉconomieEn Ligne 7 joursLagarde prévient que la France devra régler sa dette par elle-même
PolitiqueEn Ligne 7 joursDavid Lisnard, la percée qui prend la droite de court
















