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À Doral, l’électorat latino regrette déjà d’avoir cru aux promesses de Donald Trump

Dans cette ville proche de Miami où vit une importante communauté vénézuélienne, les commerces tournent au ralenti et la peur des descentes migratoires…

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À Doral, l'électorat latino regrette déjà d'avoir cru aux promesses de Donald Trump

Dans cette ville proche de Miami où vit une importante communauté vénézuélienne, les commerces tournent au ralenti et la peur des descentes migratoires pèse sur le quotidien. Beaucoup de ceux qui avaient voté Trump en 2024 envisagent désormais de faire payer les républicains dans les urnes.

Maria Fernanda Perez vend des petits pains vénézuéliens à Doral, juste à côté de Miami. Quand Donald Trump est revenu à la Maison-Blanche début 2025, elle espérait un coup de pouce pour l’économie. Aujourd’hui, elle parle d’une déception teintée de tristesse. Trois de ses employés ne viennent plus travailler et son chiffre d’affaires a plongé de 40 %. La cause, selon elle, tient à la crainte qui traverse la communauté latino, celle de croiser la police de l’immigration dans la rue. « Toute ma famille, tous mes amis ont arrêté de travailler, arrêté de vivre leur vie », raconte-t-elle.

Le phénomène dépasse largement son étal. À deux rues de là, une responsable de restaurant confirme, sans s’attarder, que la peur a fait fuir beaucoup de travailleurs. D’autres commerçants décrivent des employés aux abonnés absents et des affaires au ralenti. Ce climat pèse aussi sur le vote. Près de la moitié des électeurs latino avaient choisi Trump en 2024, ils sont désormais deux sur trois à porter un regard défavorable sur le président, d’après une enquête d’opinion récente. Dans la même étude, 78 % d’entre eux souhaitent voir les démocrates reprendre la main sur le Congrès, aujourd’hui contrôlé par les républicains.

À Doral, surnommée « Doralzuela » en raison de son importante population d’origine vénézuélienne, on se confie peu sur son bulletin de vote, encore moins sur les descentes du service de l’immigration. Mais les groupes de discussion s’activent pour signaler la présence d’agents ou une arrestation. Carlos Bermudez, avocat de 47 ans lui aussi venu du Venezuela, dit recevoir des appels sans relâche de personnes empêtrées dans des démarches administratives. « Ils ne sortent pas dans la rue, ils ne peuvent plus aller travailler. C’est une pression psychologique permanente qui touche toute la communauté », décrit-il.

Lui-même républicain, il avoue être bousculé dans ses convictions. « Je suis républicain parce que je viens d’un pays où le communisme s’est installé et que je ne veux pas suivre cette voie, mais je ne suis pas d’accord avec ce que fait l’aile la plus dure du parti. » Le conseiller municipal de Doral, Rafael Pineyro, également d’origine vénézuélienne et républicain, voit dans ce malaise un mouvement qui dépasse sa ville et gagne toute la communauté latino du sud de la Floride. « Il y a de l’incertitude, il y a de la peur. Ça ne va pas, parce que ce n’est pas ce qui avait été promis en 2024 quand on parlait d’expulser des criminels », résume-t-il.

Cette colère pourrait bien se traduire dans les urnes. Les républicains avaient nettement progressé ces dernières années auprès des électeurs cubains, vénézuéliens et latino-américains en général. Cette dynamique s’est effritée au fil des mois, selon l’élu local, à cause de choix contestés en matière d’immigration et d’économie. La percée espérée s’éloigne, et avec elle, une partie de ceux qui avaient fait confiance au milliardaire.

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