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Les leçons de guerre ukrainiennes au cœur du plus grand salon de défense européen

Alors que l’Europe cherche à combler ses failles militaires, l’expérience de terrain des Ukrainiens attire tous les regards. Plus de 80 entreprises…

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Les leçons de guerre ukrainiennes au cœur du plus grand salon de défense européen

Alors que l’Europe cherche à combler ses failles militaires, l’expérience de terrain des Ukrainiens attire tous les regards. Plus de 80 entreprises ukrainiennes exposent leurs drones et missiles longue portée, testés au combat.

En 2024, ils étaient une dizaine. Cette année, près de 80 sociétés ukrainiennes ont pris leurs quartiers au salon Eurosatory, près de Paris. Leur point commun ? Toutes ont développé du matériel de guerre éprouvé face à la Russie. Drones, systèmes robotisés, missiles capables de frapper à des centaines de kilomètres… Ces technologies ne sont plus des prototypes de salon. Ce sont des armes qui ont fait leurs preuves sur le champ de bataille. Et les armées européennes le savent. « Les Ukrainiens sont tellement en avance qu’on ne peut que les copier », confie l’organisateur du salon, Charles Beaudouin. Un aveu qui en dit long sur le retard accumulé.

Parmi les équipements présentés, un missile de croisière d’une portée de 3 000 kilomètres et un grand drone capable de voler sur 1 600 kilomètres. Ces armes, conçues par la société ukrainienne Fire Point, « ont fait beaucoup de mal à la Russie », souligne Beaudouin. En face, l’Europe peine à proposer des alternatives aux systèmes américains comme les Himars. Les industriels français Thales et Safran-MBDA développent chacun leur missile longue portée, mais l’État n’a pas encore choisi. Les deux prototypes seront visibles au salon. Pour le général Bernard Barrera, conseiller chez Thales, « la frappe dans la profondeur est le trou dans la raquette le plus flagrant » des armées européennes.

Mais le problème ne se limite pas aux missiles. La fabrication de drones en masse et à bas coût reste un défi pour l’Europe. « Il y a eu des étapes qui ont été ratées », reconnaît Patrick Aufort, directeur de l’Agence de l’innovation de défense en France. Il assure pourtant que l’Hexagone est capable de produire aujourd’hui les mêmes drones que ceux utilisés en Ukraine. Des partenariats entre startups et grands groupes se multiplient, y compris avec l’industrie automobile pour son savoir-faire en production en série. Mais la montée en cadence se fait attendre. Preuve de l’urgence, les États cherchent désormais du matériel « sur étagère », prêt à l’emploi, plutôt que des projets futuristes.

Côté Israël, la participation reste limitée. Après l’interdiction quasi totale en 2024 à cause de la guerre à Gaza, les entreprises privées israéliennes sont cette fois autorisées à exposer, mais uniquement des systèmes défensifs sol-air, antimissile et antibalistique. Le célèbre Dôme de fer, qui intercepte les roquettes, sera donc présenté, une technologie « dont on n’a jamais eu autant besoin », selon Charles Beaudouin. Une trentaine d’exposants israéliens sont attendus, sous conditions. Si un stand est jugé ambigu, il sera refusé. Un équilibre fragile, alors que le salon reste un lieu stratégique pour observer les rapports de force dans l’industrie de la défense.

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