Politique
Le siège du Rassemblement national sous scellés dans une enquête financière


Une opération judiciaire d’ampleur vise les comptes de campagne du parti, suscitant de vives réactions dans ses rangs.
Les enquêteurs ont investi mercredi matin les locaux parisiens du Rassemblement national dans le cadre d’une instruction relative au financement de ses campagnes électorales entre 2022 et 2024. Une vingtaine d’officiers de la brigade financière, accompagnés de deux magistrats instructeurs, ont procédé à des saisies de documents comptables et numériques couvrant les scrutins présidentiel, législatifs et européens. Des opérations similaires ont simultanément touché plusieurs entreprises et domiciles privés liés à ce dossier.
La procédure, ouverte en juillet 2024 pour escroquerie envers une personne publique, examine particulièrement les modalités des prêts consentis par des particuliers au parti. Ces mécanismes, bien que légaux sous certaines conditions, représentent l’essentiel des ressources empruntées par la formation politique ces dernières années. Les investigations cherchent à établir si ces montants ont pu masquer des surfacturations ou des prestations fictives.
À Strasbourg, le président du RN a dénoncé une manœuvre destinée selon lui à entraver l’ascension politique du mouvement. Il a évoqué la confiscation de dossiers sensibles, y compris des éléments stratégiques pour les futures échéances électorales. Cette intervention intervient dans un contexte judiciaire déjà tendu pour la formation, après la condamnation récente de sa présidente d’honneur dans une affaire distincte de détournement de fonds européens.
L’autorité en charge du contrôle des comptes de campagne avait antérieurement signalé la singularité du recours aux prêts privés par le RN, qui concentre à lui seul la majorité de ces dispositifs parmi l’ensemble des partis français. Les montants restant dus par le mouvement à des particuliers dépassaient les vingt millions d’euros fin 2023, certains engagements remontant à près de deux décennies.
Cette opération s’inscrit dans une série de contrôles judiciaires ayant récemment concerné plusieurs formations politiques, reflétant le durcissement des contrôles sur le financement de la vie publique. Les magistrats disposent désormais de plusieurs mois pour analyser les pièces saisies avant d’éventuelles suites pénales.





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