Économie
Le Scaf enterré l’Europe cherche une autre voie
Le projet d’avion de combat franco-allemand Scaf est définitivement abandonné. Entre querelles industrielles et menaces nouvelles, l’avenir du chasseur…


Le projet d’avion de combat franco-allemand Scaf est définitivement abandonné. Entre querelles industrielles et menaces nouvelles, l’avenir du chasseur européen reste à écrire.
Lancé en 2017 avec des promesses de coopération, le programme Scaf devait donner naissance à l’avion de combat du futur. Mais sept ans plus tard, le constat est brutal les divergences entre la France et l’Allemagne ont eu raison du projet. Dassault voulait garder la main sur la conception du chasseur tandis qu’Airbus réclamait un partage équitable. Les discussions politiques n’ont jamais réussi à aplanir ces tensions. En parallèle, la guerre en Ukraine a changé la donne. Les drones bouleversent les stratégies militaires et certains experts estiment que le débat s’est trop focalisé sur l’avion lui-même plutôt que sur l’évolution des menaces. Les besoins des armées de l’air se sont aussi diversifiés rendant un compromis unique de moins en moins viable.
Côté allemand, Airbus tente de rebondir. Une alliance de huit entreprises presque toutes allemandes doit être officialisée pour développer un avion de combat de sixième génération en dehors du cadre européen. Mais cette initiative ressemble surtout à une opération de lobbying selon des observateurs. Plusieurs signataires comme le missilier MBDA n’ont pas de compétences directes dans la conception d’un chasseur. Et contrairement à Dassault qui maîtrise toute la chaîne de production, Airbus a besoin de partenaires comme BAE Systems ou Leonardo pour fabriquer un avion. L’idée d’une alliance avec le suédois Saab semble peu crédible ses appareils sont surtout destinés à la surveillance alors que l’Allemagne vise la supériorité aérienne.
Pour Dassault Aviation, la situation est ambiguë. Le PDG répète depuis longtemps que l’entreprise sait faire seule un avion de combat. Mais la France peut-elle vraiment financer un tel projet en solitaire ? Les budgets militaires ont augmenté mais pas suffisamment pour assumer seul le développement d’un chasseur de sixième génération sans partager les technologies. Certains experts évoquent la nécessité de se tourner vers des pays comme les Émirats arabes unis ce qui poserait un problème géostratégique après la rupture avec l’Allemagne. De son côté l’Allemagne affiche des moyens financiers confortables aujourd’hui mais la question est de savoir si elle pourra maintenir cet effort face à ses difficultés économiques et énergétiques. L’avenir du chasseur européen reste suspendu à des choix politiques et budgétaires que personne n’ose encore trancher.
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