Monde
Le dernier voyage du tramway centenaire d’Alexandrie

Alors que les rames bleues s’apprêtent à s’arrêter définitivement en avril, les Alexandrins voient disparaître un symbole de leur ville et dénoncent une modernisation qui altère l’identité des lieux.
Le réseau de tramway d’Alexandrie, le plus ancien d’Afrique, va prochainement cesser son service après plus d’un siècle et demi d’existence. Inaugurée en 1863, cette ligne historique, l’une des dernières au monde à comporter des voitures à impériale, a rythmé la vie de la cité méditerranéenne. Sa disparition, actée pour laisser place à un projet de modernisation du réseau, suscite une vive émotion parmi les habitants, qui y perçoivent la fin d’un patrimoine urbain et culturel.
Les usagers, jeunes et moins jeunes, effectuent ces jours-ci des trajets d’adieu dans ces rames caractéristiques. Si la nécessité d’améliorer les transports est globalement reconnue, la méthode interroge. Plusieurs voix s’élèvent pour déplorer que les récents aménagements dans la ville aient souvent conduit à la suppression d’espaces publics ou à la privatisation du littoral, au détriment du cadre de vie.
Le nouveau projet, porté par un consortium international, promet des performances accrues, avec une vitesse doublée et une capacité triplée. Son tracé, partiellement aérien et souterrain, remplacera les voies actuelles bordées d’arbres par des infrastructures en béton, une perspective qui inquiète. Les autorités affirment que cette modernisation est indispensable pour fluidifier la circulation, un argument contesté par certains qui redoutent, au contraire, une aggravation de la congestion automobile et une rupture avec l’urbanisme traditionnel.
Pour de nombreux Alexandrins, ce tramway est bien plus qu’un simple moyen de transport. Il incarne une part de leur mémoire collective et de leur identité. Des générations d’écoliers, d’étudiants et de travailleurs l’ont emprunté quotidiennement sur ses onze kilomètres de ligne. Sa disparition résonne comme un nouveau bouleversement, après la transformation récente de la corniche, désormais occupée par des commerces et une voie rapide, qui a considérablement restreint l’accès et la vue sur la mer.
Cette évolution est perçue comme la fin d’une époque, celle d’une Alexandrie dont l’atmosphère unique, chantée par des artistes, s’estompe progressivement. Le départ des vieilles rames bleues sonne comme un adieu à un certain art de vivre et à un paysage urbain familier, sacrifié sur l’autel de la modernité.

PolitiqueEn Ligne 7 joursVinted, eBay et Leboncoin sous pression après les pillages du week-end
SociétéEn Ligne 5 joursÀ Ulm, le blocage devient une école de la critique
PolitiqueEn Ligne 5 joursHollande recadre le débat sur les violences et refuse de tout imputer à LFI
PolitiqueEn Ligne 7 joursAprès les violences, le RN veut incarner l’ordre
SociétéEn Ligne 6 joursLa CFDT réclame cent euros de plus pour tous et dénonce dix ans de verticalité
SociétéEn Ligne 6 joursLes livreurs veulent pouvoir échapper aux manifs sans perdre leur paie
PolitiqueEn Ligne 6 joursUltragauche, extrême gauche radicale et jeunes des quartiers, une alliance inédite dans les violences
Faits DiversEn Ligne 3 joursTrappes alerte sur les mots qui précèdent les balles
















