Monde
Le congrès de la CDU, moment de vérité pour un chancelier Merz en difficulté

Un an après son arrivée à la chancellerie, Friedrich Merz ouvre ce vendredi le congrès de son parti affaibli par une impopularité croissante et la pression de l’extrême droite. L’occasion pour le dirigeant conservateur de tenter de redresser la barre.
La réélection de Friedrich Merz à la présidence de l’Union chrétienne-démocrate, réunie à Stuttgart, ne suscite guère de suspense. Le scrutin, qui doit intervenir ce vendredi, sera cependant observé avec attention, le chef du gouvernement ayant été porté à la tête de la formation en 2022 avec un score approchant l’unanimité. Le secrétaire général du parti s’est contenté de prédire un « bon résultat », évitant tout pronostic chiffré.
Ce congrès revêt une importance particulière dans un contexte politique tendu. Les conservateurs espèrent que le chancelier dévoilera une stratégie pour les prochaines élections régionales, notamment dans l’est du pays où l’Alternative pour l’Allemagne réalise des percées. Après une victoire aux législatives de l’an dernier et une entrée en fonction en mai, le début de mandat de Friedrich Merz a été marqué par des critiques, y compris dans ses propres rangs, concernant le rythme des réformes promises pour relancer une économie atone.
Les dissensions au sein de la coalition gouvernementale avec les sociaux-démocrates sont régulièrement pointées du doigt pour expliquer cette lenteur. De l’avis de nombreux observateurs, les attentes de la population, qui espérait des changements plus rapides, ont été déçues. Le président de la fédération des employeurs allemands a publiquement appelé, cette semaine, à l’adoption d’un véritable programme de réformes, incluant des baisses d’impôts et une simplification administrative.
La situation économique, avec une croissance atone et la persistance de défis structurels comme les prix de l’énergie ou le retard technologique, ajoute à l’urgence. Le chancelier met pour sa part en avant plusieurs succès, notamment un accord de coalition pour des investissements massifs dans les infrastructures et la défense, une politique migratoire resserrée ayant réduit les arrivées, et un rôle diplomatique renforcé pour l’Allemagne sur le dossier ukrainien.
Ces arguments ne semblent cependant pas convaincre l’opinion. Les derniers sondages le créditent d’une popularité faible, une part significative des citoyens estimant que son action n’est pas supérieure à celle de son prédécesseur. Certaines de ses déclarations, perçues comme moralisatrices sur le travail, ont en outre suscité des crispations.
La menace que fait peser l’extrême droite, en progression dans les sondages, plane sur ce congrès. Malgré un durcissement affiché sur les questions d’immigration, la CDU peine à contenir l’essor de l’AfD. Des voix au sein même du parti conservateur mettent en garde contre une droitisation qui risquerait d’éloigner l’électorat centriste sans pour autant séduire les sympathisants de l’extrême droite. Le congrès de Stuttgart s’annonce ainsi comme une étape cruciale pour la crédibilité et la stratégie futures du chancelier.

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