Monde
Le bidonville de Stains rayé de la carte après vingt ans d’histoire
L’un des plus grands bidonvilles de France a été évacué mercredi en Seine-Saint-Denis. Une opération préparée pendant des mois, qui a évité la violence…


L’un des plus grands bidonvilles de France a été évacué mercredi en Seine-Saint-Denis. Une opération préparée pendant des mois, qui a évité la violence mais pose la question de l’hébergement des centaines de familles parties avant l’arrivée des forces de l’ordre.
Il ne reste presque rien du bidonville. Quelques cabanons en planches, des déchets qui traînent, et un tricycle abandonné au milieu des gravats. Mercredi matin, les policiers ont ratissé les ruelles faites de tapis et de planches pour évacuer les derniers habitants. Il n’en restait que douze. Un contraste saisissant avec le printemps 2025, quand le site accueillait encore environ 1 200 personnes, selon Médecins du monde.
Le bidonville existait depuis près de vingt ans. Il s’était peu à peu étendu près des jardins ouvriers de Stains, au bord des voies ferrées. La veille de l’évacuation, un incendie a ravagé 5 000 mètres carrés. Une centaine de pompiers ont lutté contre les flammes. La cause du feu reste inconnue. Sur place, des bénévoles de la fondation Brigitte Bardot capturaient les chiens et chats errants, tandis que des autocollants de papillons et de lapins, encore collés aux murs, rappelaient que des enfants vivaient ici.
Le préfet de Seine-Saint-Denis, Julien Charles, a fait le choix de prendre son temps. Annoncée il y a deux semaines, la date de l’évacuation a poussé la plupart des familles à partir d’elles-mêmes. Un pari gagnant pour le maire de Stains, Azzédine Taïbi, qui salue une opération sans expulsion violente. Les associations, elles, sont partagées. Clément Étienne, coordinateur de Médecins du monde, se dit à la fois satisfait et insatisfait. Satisfait car un diagnostic social a été mené, que les habitants ont été prévenus longtemps à l’avance et que les places d’hébergement proposées sont de bonne qualité. Insatisfait car le manque de places d’hébergement d’urgence reste un problème structurel. Et puis le calendrier interroge une nouvelle canicule pourrait frapper la France dès ce week-end. Sur les 261 personnes recensées par l’association Trajectoires, 167 ont reçu une proposition d’hébergement ou de logement. Le terrain, lui, va être repris par des entreprises voisines pour étendre leurs activités.
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