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L’automobile française se met à fabriquer des drones en série
Des constructeurs de voitures rejoignent les fabricants de drones pour industrialiser ces armes. Le but est de produire par dizaines de milliers, comme on…


Des constructeurs de voitures rejoignent les fabricants de drones pour industrialiser ces armes. Le but est de produire par dizaines de milliers, comme on assemble des véhicules.
Les usines qui fabriquaient des voitures se préparent à produire des drones. Un an après les premières annonces gouvernementales, les partenariats se concrétisent. C’est l’actuel Premier ministre, alors ministre des Armées, qui avait lancé l’idée. Au moins six alliances ont été nouées entre l’industrie de la défense et le secteur automobile. L’ambition est claire, appliquer aux drones les méthodes qui ont fait la réussite de l’automobile, la maîtrise des coûts, l’automatisation et la production à grande échelle.
La guerre en Ukraine a tout changé. Les engins sans pilote y sont utilisés massivement et causent l’essentiel des pertes. Chaque jour, 15 000 drones survolent le front. Face à cette réalité, la France et l’Union européenne ont fait de leur production une priorité. Les entreprises répondent. Valeo va fabriquer des moteurs électriques pour la société Harmattan AI. Forvia veut produire mille drones intercepteurs par mois. Renault, déjà partenaire de Turgis & Gaillard pour un drone à longue portée, travaille avec Thales sur le drone kamikaze Toutatis et vise mille unités mensuelles. Delair et l’équipementier allemand Schaeffler prévoient une chaîne capable de sortir une centaine de drones par jour.
Les objectifs annoncés semblent impressionnants, mais le besoin est encore plus grand. Si tous ces projets aboutissent, la France pourrait produire 60 000 drones par an. L’Ukraine, elle, parle de 10 millions d’unités pour 2026. Ses fabricants sont déjà des centaines, et certains produisent plus que les besoins de l’armée, si bien que le gouvernement ukrainien commence à autoriser l’exportation du surplus. Les sénateurs français estiment que les volumes disponibles, quelques milliers, restent insuffisants pour constituer une véritable masse critique. Le gouvernement veut éviter d’accumuler des stocks qui deviendraient vite obsolètes, car la technologie évolue rapidement. Il préfère miser sur une capacité de production capable de monter en puissance très vite.
Pour y arriver, il faut repenser la conception des drones. Les modèles imprimés en 3D laissent place à des versions simplifiées, avec moins de composants, fabriquées par injection plastique sur des lignes robotisées. C’est précisément le savoir-faire des équipementiers automobiles. Un responsable de la direction de l’armement souligne que produire un drone dans une start-up de défense n’a rien à voir avec fabriquer un objet reproductible en très grande quantité sur une chaîne industrielle.
L’argent commence à arriver. Le gouvernement a prévu 150 millions d’euros dès 2026 pour lancer une véritable filière. Mais les industriels attendent des commandes fermes. Le président de l’association française du drone regrette que l’Allemagne finance davantage les drones à courte portée et que les commandes actuelles ne suffisent pas à stimuler l’industrie. La France avance, mais elle devra encore convaincre pour passer vraiment à l’échelle.





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