Monde
L’ancien président sud-coréen face à la justice pour son coup de force avorté


_**Le tribunal de Séoul doit rendre son verdict ce jeudi dans le procès pour insurrection de Yoon Suk Yeol, dont la tentative de prise de pouvoir en décembre 2024 a ébranlé les institutions du pays.**_
Le sort judiciaire de l’ancien chef d’État sud-coréen Yoon Suk Yeol sera scellé ce jeudi après-midi. La cour du district central de Séoul doit prononcer sa sentence dans le cadre du procès principal relatif à la déclaration de loi martiale qu’il avait imposée par surprise le 3 décembre 2024. Les magistrats ont à trancher entre la peine capitale, réclamée par l’accusation, et la réclusion à perpétuité, seule autre sanction prévue par la loi pour le crime d’insurrection dont il est reconnu coupable.
Cette nuit-là, l’ancien dirigeant conservateur avait justifié son acte à la télévision nationale en invoquant une menace de « forces hostiles à l’État », tandis que l’armée encerclait le Parlement. Son entreprise, interrompue au bout de six heures par des parlementaires ayant réussi à regagner l’hémicycle, a provoqué un séisme politique et ravivé le spectre des régimes autoritaires dans une nation habituée à une démocratie stable. L’épisode a conduit à sa suspension par l’Assemblée nationale, à son arrestation, puis à sa destitution en avril dernier, avant la victoire de son rival Lee Jae Myung à l’élection présidentielle anticipée de juin.
Détenu et maintenu à l’isolement, l’ex-président, âgé de soixante-cinq ans, a toujours rejeté les accusations portées contre lui. Il affirme avoir agi pour défendre les libertés et restaurer l’ordre constitutionnel face à ce qu’il nomme la « dictature législative » de l’opposition parlementaire. Les procureurs estiment pour leur part qu’il a été guidé par une « soif de pouvoir ». Son refus de plaider coupable et l’absence de tout repentir affiché compliquent, selon les observateurs, toute possibilité d’une peine inférieure à la perpétuité.
Plusieurs de ses anciens collaborateurs ont déjà été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement pour leur implication dans cette affaire, dont l’ex-Premier ministre Han Duck-soo et l’ancien ministre de l’Intérieur Lee Sang-min. Yoon Suk Yeol purge par ailleurs une peine de cinq ans de prison pour des faits distincts. Le verdict de jeudi, attendu par des millions de citoyens, marquera un nouveau chapitre judiciaire dans cette crise institutionnelle sans précédent depuis des décennies.





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