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L’Allemagne affiche un bon départ économique mais la guerre en Iran assombrit les perspectives

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La première économie européenne a enregistré une croissance de 0,3% au premier trimestre, portée par les exportations et l’industrie. Mais les conséquences du conflit au Proche-Orient menacent déjà le trimestre en cours, malgré un regain de confiance chez les entrepreneurs et les consommateurs.

L’économie allemande a connu un début d’année encourageant. L’institut national de la statistique Destatis a confirmé vendredi une progression de 0,3% du Produit intérieur brut entre janvier et mars, après une légère hausse en fin d’année 2025. Ce dynamisme a permis à l’Allemagne de contribuer à la croissance de la zone euro, qui n’a atteint que 0,1% sur la même période, tandis que la France stagnait.

Les exportations ont joué un rôle moteur dans cette embellie, selon Ruth Brand, présidente de Destatis. Le secteur manufacturier, longtemps en crise, a rebondi de 0,7% sur le trimestre, tiré notamment par l’automobile et les équipements de transport. Les dépenses publiques ont également augmenté, alors que la consommation des ménages est restée atone, freinée par un niveau élevé d’incertitude.

Cette configuration de la croissance, conjuguée aux répercussions évidentes de la guerre au Proche-Orient, à une nouvelle vague d’inquiétude et à la flambée des prix de l’énergie, ne joue pas en faveur des perspectives à court terme, analyse Carsten Brzeski, économiste chez ING.

Deux indicateurs publiés vendredi apportent toutefois une note d’optimisme mesuré. Le moral des entrepreneurs allemands s’est légèrement redressé en mai pour la première fois depuis le début du conflit, déjouant les prévisions des analystes. L’indice IFO montre une amélioration des anticipations à court terme. Jens-Oliver Niklasch, chez LBBW, souligne que les carnets de commandes restent bien remplis, ce qui constituerait une base solide pour une reprise si les prix de l’énergie diminuaient ou si le climat général s’améliorait.

Clemens Fuest, président de l’IFO, tempère cet optimisme en rappelant que si l’économie allemande se stabilise pour l’instant, la situation demeure fragile. Par ailleurs, le moral des consommateurs devrait s’améliorer en juin après plusieurs mois de baisse, signe que l’appétit d’achat revient, selon l’indice GfK. Rolf Bürkl, expert au GfK, précise néanmoins que les effets du conflit continuent de peser sur la tendance générale.

Jeudi, la Banque fédérale d’Allemagne a anticipé une stagnation de l’économie au deuxième trimestre, tandis que la Commission européenne a revu à la baisse sa prévision de croissance annuelle pour le pays, la ramenant à 0,6%, un niveau proche des 0,5% attendus par Berlin. Le gouvernement du chancelier Friedrich Merz, en difficulté dans les sondages après un an d’exercice, a promis d’accélérer les réformes structurelles, y compris les plus impopulaires, pour soutenir une économie atone depuis trois ans.

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