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L’A69 ouvre enfin, à 20,40 euros l’aller-retour et sous les critiques de ses propres soutiens

Après des années de contestation et un chantier suspendu puis relancé, l’autoroute Toulouse-Castres est entrée en service vendredi matin. Son péage, parmi…

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L'A69 ouvre enfin, à 20,40 euros l'aller-retour et sous les critiques de ses propres soutiens

Après des années de contestation et un chantier suspendu puis relancé, l’autoroute Toulouse-Castres est entrée en service vendredi matin. Son péage, parmi les plus chers du pays, fâche jusqu’aux élus qui l’ont défendue depuis le premier jour.

Le brouillard était épais, vendredi matin, du côté de Verfeil en Haute-Garonne. Peu après 10h45, les premiers véhicules se sont engagés sur l’A69, sous l’œil des caméras conviées par Atosca, le concessionnaire des 53 kilomètres qui relient désormais Toulouse à Castres. Aucun opposant en vue. Un chauffeur de poids lourd, Ronan, a demandé aux journalistes si c’était ouvert, avant de prévenir qu’il allait la prendre pour la tester. Un peu plus tôt, à Puylaurens dans le Tarn, des dizaines d’agents en blouson orange fluo avaient applaudi leur directeur général retirant les plots d’une bretelle d’accès. Un automobiliste est passé en klaxonnant.

Reste la facture, et elle ne passe pas. Un aller-retour Toulouse-Castres coûtera 20,40 euros, l’un des tarifs les plus élevés de France, publiés la veille. De quoi hérisser des gens qui défendaient le projet depuis longtemps. Le président socialiste du conseil départemental du Tarn, Christophe Ramond, s’est dit « trahi » comme les Tarnais, jugeant le montant bien trop lourd pour les habitants et très loin de la parole donnée par l’État. Martial Gerlinger, directeur général d’Atosca, balaie l’accusation en affirmant que son autoroute n’est pas la plus chère du réseau et qu’elle figure même parmi les moins chères pour une infrastructure récente. Il table sur 10 000 véhicules par jour une fois le trafic stabilisé.

Le dossier a traversé quatre années de bataille. Les recours des associations écologistes ont démarré avant même l’ouverture du chantier, en 2023, et certaines mobilisations se sont tendues face aux forces de l’ordre. Fin février 2025, les opposants ont marqué un point quand le tribunal administratif de Toulouse a suspendu les travaux, estimant que l’ouvrage ne présentait pas d’intérêt public majeur suffisant au regard des atteintes à l’environnement. La cour administrative d’appel de Toulouse a autorisé la reprise dès la fin mai 2025, cette fois sans arrêt prévu jusqu’à la fin du chantier.

Le collectif La Voie est Libre parle d’une mise en service « glauque », dans un brouillard à couper au couteau, et ironise sur l’absence d’inauguration, faute de volontaires pour couper le ruban. Il pointe aussi la position de la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, partisane du projet dès la première heure mais critique elle aussi sur le prix. Le ministre des Transports Philippe Tabarot a de son côté salué l’aboutissement d’un projet engagé il y a plusieurs années, et le passage de l’autoroute dans sa phase d’exploitation. La décision d’autorisation de mise en service avait été signée la veille, après la levée des dernières réserves sur la sécurité.

Sur le tarif, les discussions n’ont rien changé. Collectivités locales, parlementaires et ministère des Transports se sont réunis en visioconférence ces derniers jours sans trouver le moyen de faire baisser la note. L’explication est juridique. Le Conseil d’État a jugé illégal un avenant qui devait faire financer une partie du péage par les communautés de communes, le département, la région et l’État, avec à la clé une réduction d’environ un tiers du prix. Faute de cet accord, les automobilistes paieront plein pot.

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