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La moitié des étudiants français sacrifient leur alimentation par manque de moyens


_**Une enquête de l’Union étudiante révèle une dégradation profonde des conditions de vie, où les privations alimentaires et le mal-logement deviennent la norme, plongeant la jeunesse étudiante dans une détresse généralisée.**_
Près d’un étudiant sur deux est contraint de sauter des repas pour des raisons financières. Ce chiffre, issu d’une vaste consultation menée à l’automne dernier, illustre l’aggravation continue de la précarité dans l’enseignement supérieur. Pour près d’un quart des personnes interrogées, cette privation est récurrente, survenant plusieurs fois par mois.
La fin de la mesure du repas à un euro dans les restaurants universitaires, intervenue en 2023, est pointée comme un facteur ayant nettement aggravé la situation. Les conséquences se font sentir bien au-delà de l’assiette. Une proportion significative de jeunes déclare avoir dû renoncer à des soins médicaux, tandis que les difficultés liées au logement s’intensifient. La recherche d’un toit constitue une source majeure d’anxiété pour une large majorité, et beaucoup subissent des conditions d’habitat indignes, marquées par l’insalubrité ou le froid.
Cette précarité matérielle pèse lourdement sur la santé psychique. Une écrasante majorité des sondés rapporte avoir traversé des épisodes de détresse psychologique. L’accès aux soins spécialisés reste pourtant notoirement insuffisant, avec un nombre de psychologues disponibles très en deçà des besoins identifiés.
La question du logement cristallise les tensions. Les augmentations successives des loyers dans le parc du Crous ont alourdi le budget des étudiants, tandis que la perspective d’une réforme des aides personnelles au logement suscite des inquiétudes. Pour boucler leurs fins de mois, près de la moitié des étudiants exercent une activité rémunérée, souvent sans parvenir à couvrir l’ensemble de leurs frais de subsistance et de scolarité.
Face à ce constat, l’organisation étudiante plaide pour la création d’un revenu d’autonomie universel, dont le montant serait fixé au-dessus du seuil de pauvreté. Cette proposition vise à garantir des conditions de vie décentes et à permettre aux jeunes de se consacrer pleinement à leurs études, sans être contraints de travailler pour survivre. L’enquête s’appuie sur les réponses de plus de cinq mille étudiants, recueillies en ligne et lors d’actions de solidarité dans les universités.





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