Politique
La France trace sa voie énergétique pour la décennie à venir

Le gouvernement a présenté sa feuille de route pour la production et la consommation d’énergie jusqu’en 2035, un équilibre entre ambition nucléaire et modération sur les renouvelables qui suscite des réactions contrastées.
La troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie, attendue de longue date, a été dévoilée. Ce document stratégique définit les priorités nationales pour les prochaines années, avec un double objectif affiché. Il s’agit à la fois de renforcer l’indépendance énergétique du pays et d’accélérer la réduction des émissions de carbone.
L’orientation principale repose sur une augmentation significative de la production d’électricité décarbonée, destinée à se substituer progressivement aux énergies fossiles. Le nucléaire constitue le pilier de cette stratégie. Le texte acte la construction de nouveaux réacteurs et l’optimisation du parc existant, marquant un net infléchissement par rapport aux programmations antérieures qui envisageaient des fermetures.
Parallèlement, le développement de l’éolien terrestre et du solaire photovoltaïque est revu à la baisse. Le gouvernement justifie ce ralentissement par des prévisions de consommation électrique moins dynamiques que celles escomptées précédemment. En revanche, le déploiement de l’éolien en mer est maintenu, malgré des calendriers révisés pour tenir compte des retards constatés sur certains projets.
La réception de ce plan est mitigée. Les organisations patronales saluent la clarification apportée, essentielle selon elles pour sécuriser les investissements industriels. En revanche, plusieurs associations environnementales expriment leur déception, estimant que la vision présentée accorde une place excessive à l’atome au détriment des énergies renouvelables.
Les réactions politiques traversent également l’échiquier. Certaines voix à droite et à l’extrême droite critiquent un texte qu’elles jugent encore trop orienté vers les renouvelables, tandis que des responsables écologistes se félicitent de l’absence de moratoire sur ces mêmes filières. Le Premier ministre a pour sa part appelé à dépasser une opposition stérile entre les différentes sources d’énergie bas-carbone, soulignant que toutes représentent un coût pour la nation.
Une révision de cette programmation est d’ores et déjà prévue pour 2027, une échéance qui coïncidera avec le prochain scrutin présidentiel.

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