Nous rejoindre sur les réseaux

Faits Divers

La forêt des Landes brûle encore et un village entier attend de voir si les flammes reculent

Un incendie poussé par des vents sans cesse changeants a déjà ravagé 600 hectares du massif des Landes. Cinq cents personnes ont été évacuées et les…

Article

le

La forêt des Landes brûle encore et un village entier attend de voir si les flammes reculent

Un incendie poussé par des vents sans cesse changeants a déjà ravagé 600 hectares du massif des Landes. Cinq cents personnes ont été évacuées et les flammes passent à quelques centaines de mètres de Luglon.

La nuit a été éprouvante pour les habitants de Luglon, un bourg de 350 âmes perdu au cœur de la forêt des Landes de Gascogne. Peu après minuit, les flammes se trouvaient encore à quelques centaines de mètres des premières maisons. Le feu, parti jeudi dans un secteur déjà asséché par des semaines sans pluie, a avalé 600 hectares en quelques heures seulement. Poussé par des rafales qui tournent sans arrêt, il avance vite, trop vite pour les moyens déployés. Deux avions Dash, quatre Canadair et deux Air Tractor ont lutté une partie de la journée, mais l’obscurité et un ciel orangé immense ont forcé les équipages à interrompre leurs rotations. Sur place, 280 sapeurs-pompiers et 40 unités spécialisées continuent le combat.

L’angoisse monte dans le village. Une jeune femme, refusant de donner son nom, raconte les yeux rougis que tout le bourg peut partir en fumée. Elle dit avoir l’habitude des feux, mais ceux-ci étaient toujours maîtrisés rapidement. Cette fois, les Canadair n’ont pas suffi. Le vent s’est levé trop soudainement, rendant leur action presque inutile. Le représentant de l’État dans les Landes a décrit un incendie imprévisible, qui tournoie, change de direction, au point de créer sa propre énergie et son propre climat. Son origine reste pour l’instant inconnue. Dans les rues, l’odeur de brûlé pique les yeux, la fumée est si épaisse qu’on distingue à peine les drapeaux de la mairie.

Les habitants ne restent pas les bras croisés. Loïc Buosi, entrepreneur en terrassement, attend les consignes devant la mairie, prêt à conduire une pelle, un tracteur ou une citerne. Il se dit stressé comme tout le monde, mais sa femme et ses enfants sont déjà mis à l’abri. Une vingtaine de bénévoles préparent des repas dans la salle des fêtes pour nourrir pompiers et volontaires. Le maire, fatigué, espère que la nuit plus fraîche calmera les flammes. Mais il redoute une journée intense, avec 36°C annoncés par les services météo. Dans l’après-midi, les températures ont même dépassé les 40°C à Morcenx-la-Nouvelle et Mont-de-Marsan, tout près de la zone sinistrée. Les autorités demandent d’éviter le secteur et deux routes départementales restent coupées.

Ce nouveau brasier s’inscrit dans un été déjà marqué par les flammes. Fin juillet, 3.700 hectares et 200 bâtiments avaient déjà brûlé à Biscarrosse, sur la côte atlantique. Au même moment, la Gironde voisine subissait un mégafeu de 42.000 hectares qui avait forcé 220.000 personnes à fuir. À l’échelle nationale, l’année 2026 bat déjà tous les records de surfaces calcinées depuis vingt ans, avec près de 100.000 hectares partis en fumée selon le système européen de surveillance. D’autres incendies sont en cours, comme au sud de Rennes, où 230 hectares ont été touchés, ou dans le Pas-de-Calais, où les feux sont contenus mais pas encore fixés. Le Premier ministre doit se rendre lundi en Gironde pour rencontrer le maire du Porge, une commune où se concentrent la plupart des maisons détruites cet été.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus