Monde
La contestation gronde contre les gouvernements tchèque et slovaque

Des milliers de citoyens sont descendus dans les rues pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une trahison des idéaux démocratiques, à l’occasion des commémorations de la Révolution de Velours.
Des rassemblements d’ampleur ont marqué lundi les commémorations du soulèvement de 1989 qui mit fin à quatre décennies de régime communiste en Tchécoslovaquie. Les manifestants estiment que les actuels dirigeants des deux pays issus de la partition, le Tchèque Andrej Babis et le Slovaque Robert Fico, bafouent l’héritage démocratique de cette transition historique. Les organisateurs dénoncent une dérive autoritaire et des pratiques politiques inquiétantes.
À Prague, le rassemblement a réuni des milliers de personnes sur la place Venceslas, haut lieu symbolique de la révolution. L’initiative citoyenne, menée par Mikulas Minar, interrogeait ouvertement la volonté des citoyens de vivre dans un État où la classe politique semblerait se placer au-dessus des lois. Ce mouvement rappelle la mobilisation de 2019 qui avait rassemblé près de 250 000 personnes contre le premier ministre sortant.
Andrej Babis, reconduit au pouvoir suite aux récentes élections législatives, forme actuellement un gouvernement soutenu par l’extrême droite. Son alliance avec le parti SPD et la nomination à la présidence du Parlement de Tomio Okamura, personnalité controversée poursuivie pour incitation à la haine, suscitent de vives critiques. L’homme d’affaires, ancien membre du parti communiste, est par ailleurs confronté à des accusations de détournement de fonds européens, ce qu’il réfute catégoriquement.
En Slovaquie, des manifestations simultanées ont eu lieu dans plusieurs villes, dont Bratislava. Les protestataires accusent Robert Fico de mettre en œuvre des politiques remettant en cause les principes démocratiques et de restaurer des pratiques associées à l’ère pré-1989. Le chef du gouvernement, qui entame son quatrième mandat avec le soutien du parti nationaliste SNS, est régulièrement critiqué pour son rapprochement avec Moscou malgré le conflit en Ukraine.
Les observateurs notent une similitude des méthodes avec le modèle hongrois, incluant la marginalisation des organisations non gouvernementales, le remplacement des élites culturelles et l’affaiblissement de l’indépendance des médias. Pour de nombreux citoyens des deux nations, ces évolutions politiques représentent une rupture inquiétante avec les valeurs européennes et démocratiques qui avaient guidé leur intégration dans l’Union européenne.

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