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La chaleur lâche prise, mais les hôpitaux retiennent leur souffle
Après onze jours d’une canicule historique, les orages apportent un répit bienvenu. Pourtant, le vrai danger ne fait que commencer dans les services…


Après onze jours d’une canicule historique, les orages apportent un répit bienvenu. Pourtant, le vrai danger ne fait que commencer dans les services d’urgence et les chambres funéraires.
Dimanche, l’air est enfin respirable sur une large partie de la France. Les températures baissent, les orages grondent et la vigilance rouge ne concerne plus que l’Alsace. Mais ce soulagement météo cache une réalité sanitaire qui s’alourdit. Santé publique France a annoncé qu’environ 1 000 décès supplémentaires ont été enregistrés depuis le 24 juin par rapport aux années précédentes. Ce phénomène touche surtout les plus de 65 ans, avec une hausse de 40 % des morts à domicile. Les hôpitaux restent sous tension, les funérariums commencent à saturer. Un élu parisien a même parlé de “faillite collective” face à l’inadaptation des lieux comme les Ehpad et les écoles.
Les nuits tropicales, où le thermomètre ne descendait pas sous 20 °C, ont épuisé les organismes. À Strasbourg, une habitante de 73 ans raconte avoir “suffoqué” chez elle, cloîtrée pour se protéger. Une autre, quadra, dit avoir perdu des heures de sommeil. Météo-France compare cet épisode à celui d’août 2003 en intensité et en durée. Mais la ministre de la Santé estime que la surmortalité ne sera pas forcément la même, grâce aux alertes et aux dispositifs mis en place. Les services d’urgence de l’AP-HP ont tout de même enregistré 36 % de passages en plus que la normale samedi, avec un nombre élevé d’arrêts cardiaques.
Les orages qui accompagnent la baisse des températures ne sont pas anodins. Dans l’Aisne, des rafales à plus de 100 km/h ont provoqué des incendies et privé 56 000 foyers d’électricité. La foudre a blessé cinq personnes à Laon. Et les risques orageux doivent durer au moins jusqu’à la nuit suivante. Mais le plus préoccupant reste ce que les autorités appellent les “effets sanitaires à retardement”. Déshydratations, décompensations de maladies chroniques, hospitalisations différées : tout cela va peser encore plusieurs jours sur un système déjà fragilisé. Les pompiers du Haut-Rhin et du Bas-Rhin rapportent un nombre d’interventions anormalement élevé, principalement pour des coups de chaleur et des malaises. Dans les funérariums, on parle déjà d’une saturation des chambres funéraires, même si l’on espère ne pas revivre la crise de 2003.





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