Planète
L’Allemagne se donne un an pour décider du retour à la conscription
Face à une armée qui peine à recruter et à une menace russe grandissante, Berlin fixe un ultimatum à son propre projet militaire. Si le volontariat ne…


Face à une armée qui peine à recruter et à une menace russe grandissante, Berlin fixe un ultimatum à son propre projet militaire. Si le volontariat ne suffit pas, le service obligatoire pourrait faire son retour dès l’été 2027.
Le constat est sans appel. Depuis janvier, la Bundeswehr n’a attiré que 530 jeunes volontaires. Pourtant, près de 300 000 Allemands viennent d’être contactés. Le service militaire volontaire, censé redresser les effectifs, patine sévèrement. Alors l’Allemagne se prépare à une décision lourde de conséquences. D’ici juillet 2027, le Parlement devra choisir entre maintenir le cap du volontariat ou rétablir la conscription, supprimée en 2011 après la fin de la Guerre froide.
L’objectif affiché par le chancelier Friedrich Merz est clair : porter l’armée professionnelle de 185 000 à au moins 260 000 soldats d’ici 2035. Pour y parvenir, un service militaire volontaire a été lancé, accompagné d’un recensement obligatoire pour les hommes de 18 ans. Mais les premiers résultats sont très en deçà des attentes. Le responsable parlementaire de la commission défense, Thomas Röwekamp, l’admet sans détour : il doute que l’objectif soit atteint sans passer par une obligation. Selon lui, une conscription pourrait être introduite, non pas pour toute une classe d’âge (environ 350 000 jeunes hommes), mais seulement pour le nombre nécessaire chaque année aux besoins de l’armée.
Ce retour en arrière suscite des inquiétudes, notamment chez les jeunes qui manifestent régulièrement contre cette perspective. Röwekamp les comprend : depuis la fin du service obligatoire, toute une génération n’a plus été sensibilisée aux questions de défense. Il appelle à ouvrir un vrai dialogue. Car le contexte géopolitique pousse à agir vite. Berlin estime que la Russie pourrait être prête à un affrontement direct avec l’OTAN dès 2029. Et l’allié américain, avec Donald Trump, se montre imprévisible. L’Europe doit donc accélérer son réarmement, et surtout le faire sans dépendre des industries militaires des États-Unis. Pour Röwekamp, il est temps de développer des équipements communs, en mettant de côté les intérêts nationaux qui ont souvent bloqué des projets comme l’avion du futur franco-allemand. La coopération existe pourtant, comme avec le fabricant de chars KNDS. Reste à convaincre que l’urgence sécuritaire prime désormais sur tout le reste.
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