Politique
L’Australie passe à l’offensive : les géants du numérique risquent une amende record de 60 millions d’euros
Le gouvernement australien double la sanction maximale pour les plateformes qui ne respectent pas l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans.…


Le gouvernement australien double la sanction maximale pour les plateformes qui ne respectent pas l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Objectif : stopper les contournements massifs et protéger les adolescents.
L’Australie ne plaisante plus. Après avoir interdit aux moins de 16 ans l’accès aux réseaux sociaux en décembre dernier, le gouvernement annonce une mesure choc : les amendes pour les plateformes qui enfreignent la règle passent à près de 60 millions d’euros. Soit le double du montant précédent. Derrière cette décision, une réalité que le Premier ministre Anthony Albanese résume sans détour : « Il y a encore trop d’enfants sur les réseaux sociaux. Les géants de la tech ne font pas assez pour se conformer à la loi. »
Concrètement, la nouvelle législation porte l’amende maximale à 99 millions de dollars australiens pour les manquements répétés. Elle donne aussi des moyens renforcés au gendarme du numérique australien. Le régulateur pourra désormais exiger des preuves concrètes de ce que font les plateformes pour empêcher les mineurs de créer un compte. Il pourra également contraindre les entreprises à fournir des informations, qu’il s’agisse de leurs outils de vérification de l’âge ou de leurs partenaires comme les boutiques d’applications.
Mais en coulisses, la loi a déjà montré ses limites. Une étude menée auprès de 400 jeunes utilisateurs a observé que l’interdiction n’a quasiment rien changé aux habitudes des 12-13 ans, et seulement une légère baisse chez les 14-15 ans. Pire, les plus de 16 ans ont même augmenté leur temps d’écran. Pourquoi ? Parce que les adolescents contournent facilement les restrictions : ils utilisent des comptes créés au nom d’adultes, fabriquent de faux profils, ou se connectent via des navigateurs privés. La ministre des Communications Anika Wells dénonce une stratégie délibérée des plateformes : « Elles font le strict minimum, en appliquant des ruses tout droit sorties du manuel des géants de la tech. »
Le gouvernement assure que plus de cinq millions de comptes détenus par des moins de 16 ans ont déjà été bloqués depuis l’entrée en vigueur de l’interdiction. Mais face aux contournements, il veut envoyer un signal fort. De nombreux pays regardent cette expérience australienne de près. Le Royaume-Uni, l’Indonésie, les Émirats arabes unis ou la Nouvelle-Zélande réfléchissent à des mesures similaires. Pourtant, les entreprises mises en cause préviennent qu’une répression trop brutale pourrait pousser les adolescents vers des plateformes moins réglementées et plus risquées. Un équilibre délicat à trouver.
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