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5,33 euros le kilo pour pêcher la terreur des mers grecques

Un poisson toxique et invasif menace les filets des pêcheurs et la biodiversité en Méditerranée. Pour lutter contre cette prolifération, la Grèce lance un…

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5,33 euros le kilo pour pêcher la terreur des mers grecques

Un poisson toxique et invasif menace les filets des pêcheurs et la biodiversité en Méditerranée. Pour lutter contre cette prolifération, la Grèce lance un programme de prime à la capture dès cette semaine.

La Grèce passe à l’action face à une invasion silencieuse qui gagne du terrain sous ses eaux. À partir de ce lundi, les régions de Crète et de l’Égée du Sud peuvent candidater à un programme inédit pour récompenser les pêcheurs qui ramèneront du poisson-ballon à bande argentée. Ce prédateur, venu de la mer Rouge via le canal de Suez, prolifère à grande vitesse dans la Méditerranée orientale. Le gouvernement grec verse 5,33 euros pour chaque kilo capturé, grâce à une enveloppe de 1,5 million d’euros venue des fonds européens. De quoi donner un coup de pouce concret aux pêcheurs locaux, d’autant que Chypre applique déjà un système similaire depuis quelque temps.

Ce poisson, baptisé Lagocephalus sceleratus, n’est pas qu’une nuisance pour les écosystèmes. Il cause des ravages directs sur le travail des pêcheurs. Ses dents acérées déchirent les filets, ce qui représente des pertes économiques importantes. Mais le problème va bien au-delà des dégâts matériels. Le réchauffement des mers accélère sa progression et bouleverse tout l’équilibre marin. Les eaux plus chaudes offrent un terrain de jeu idéal à cette espèce invasive, qui n’a quasiment aucun prédateur naturel dans la région. Résultat, elle se multiplie et menace les espèces locales, avec des conséquences directes sur la pêche traditionnelle.

Attention, ce poisson n’est pas seulement un fléau pour la pêche. Il représente aussi un vrai danger pour la santé humaine. Sa chair contient de la tétrodotoxine, une toxine extrêmement puissante qui peut être mortelle en cas d’ingestion. La Croix-Rouge grecque a d’ailleurs émis un avertissement sanitaire, détaillant les gestes de premiers secours en cas de morsure. Pourtant, les autorités locales et les professionnels du tourisme en Crète appellent à ne pas céder à la panique. Dans un communiqué commun, seize associations médicales et touristiques rappellent que la présence de ce poisson est connue depuis des années et qu’il ne constitue aucun danger pour les baigneurs. Mais la prudence reste de mise, surtout pour les pêcheurs et les consommateurs.

Pour que la prime à la capture fonctionne, il faudra que les régions candidates mettent en place toute une chaîne logistique. Les poissons capturés devront être réfrigérés rapidement, puis incinérés dans des installations spécialisées. Cette mesure s’inscrit dans un plan d’action national plus large, qui prévoit aussi un suivi de l’espèce et une indemnisation pour les filets abîmés. Une réunion entre les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement est déjà programmée pour le 1er juillet, pour coordonner la suite des opérations. Le message du secrétaire général du ministère de l’Agriculture est clair plus les régions réagiront vite, plus la prime pourra être mise en œuvre rapidement. Une course contre la montre pour préserver à la fois la mer et les moyens de subsistance des hommes.

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