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Cochons de guerre dans les vergers : l’Ardèche à la peine face aux sangliers
Mais pourquoi 28 000 sangliers abattus en une saison ne suffisent pas à calmer le jeu ? Reportage au cœur d’une campagne où la chasse ne fait plus le…


Mais pourquoi 28 000 sangliers abattus en une saison ne suffisent pas à calmer le jeu ? Reportage au cœur d’une campagne où la chasse ne fait plus le poids.
Depuis son 4×4, Julien Nicolas scrute les prés avec ses jumelles thermiques. Ce lieutenant de louveterie ne compte plus ses nuits passées à l’affût. Avant, il opérait quelques mois par an. Aujourd’hui, c’est toute l’année. En Ardèche, environ 28 000 sangliers ont été tués sur la saison 2025-2026, un record national après le Gard. Et pourtant, la bête noire des agriculteurs reste surabondante.
Le problème ne date pas d’hier. Dans les années 70, des lâchers d’animaux d’élevage ont gonflé les effectifs pour le plaisir des chasseurs. Mais depuis, la donne a changé. La forêt couvre 60% du département, offrant glands et châtaignes à volonté. Les hivers plus doux, liés au changement climatique, permettent aux petits de survivre en masse. Résultat : la population locale a bondi de près de 200% par an ces cinq dernières saisons. Les dégâts agricoles explosent — 250 000 euros l’an dernier rien qu’en Ardèche, une facture que les fédérations de chasse doivent payer depuis une loi de 1968. Mais les chasseurs, eux, réclament un partage du fardeau.
Pour tenter d’endiguer la vague, les autorités multiplient les moyens. Piégeage dans des cages, agrainage au maïs pour fixer les animaux loin des cultures, tirs de nuit et battues hors saison : tout y passe. Firmin Brivet-Naudot, agriculteur à la Voulte-sur-Rhône, a installé un enclos avec porte-guillotine dans son champ de blé. “Depuis cinq jours, j’en vois tous les soirs, jusqu’à une quinzaine”, raconte-t-il, dépité. Même la clôture électrique n’y fait rien. De son côté, Yves Vérilhac, vice-président de la LPO en Auvergne-Rhône-Alpes, dénonce un système bancal : on demande aux chasseurs une mission de service public, alors que la chasse reste un loisir. Il appelle au retour des prédateurs naturels, comme le loup, pour rétablir l’équilibre. Un vœu qui ne fait pas l’unanimité chez les éleveurs. Pour l’instant, en Ardèche, la guerre des cochons sauvages continue, sans trêve.
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