Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Venezuela sous les décombres la lutte désespérée pour sauver des vies

Le double séisme de mercredi a laissé un pays exsangue plus de 1400 morts et 50 000 disparus. Alors que l’aide internationale afflue, les familles…

Article

le

Venezuela sous les décombres la lutte désespérée pour sauver des vies

Le double séisme de mercredi a laissé un pays exsangue plus de 1400 morts et 50 000 disparus. Alors que l’aide internationale afflue, les familles creusent à mains nues pour retrouver les leurs.

Les chiffres donnent le vertige. 1430 vies perdues, 3238 blessés, et surtout 50 000 personnes portées disparues. C’est le bilan, encore provisoire, que le président de l’Assemblée nationale vénézuélienne a livré samedi, 72 heures après les deux secousses de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont frappé le nord du pays. Les dégâts sont immenses, notamment dans la ville côtière de La Guaira, où des immeubles entiers se sont effondrés. Les répliques, plus de 300, continuent de semer la peur. Selon l’ONU, près de sept millions de personnes seraient touchées et les dommages matériels atteindraient sept milliards de dollars, soit 6% du PIB du pays. Un séisme d’une telle violence, le pire depuis 1900.

Dans les décombres, l’espoir reste fragile mais tenace. À La Guaira, Barbara Palacios, 34 ans, attend des nouvelles de son mari Jonathan, 36 ans, prisonnier d’un petit hôtel de cinq étages qui s’est écroulé. « Oui, il est vivant, oui », répète-t-elle en larmes. Mais les secouristes ne l’ont toujours pas localisé. Alors, avec les proches d’au moins cinq autres victimes encore piégées, elle a bloqué la route principale pour forcer les équipes à s’arrêter. Un peu plus loin, une chaîne humaine de dizaines de personnes fait passer des seaux de gravats. « On fait tout ça à la seule force des bras », souffle Luis Flores, commerçant de 54 ans. Lui et les autres habitants travaillent avec des outils rudimentaires, des pelles, leurs mains. Un secouriste australien résidant à Miami, présent sur place, confirme ce constat : ce sont surtout des civils qui creusent.

Le gouvernement, lui, est accusé d’être absent. Des volontaires munis de pelles se sont vu refuser l’accès à la zone la plus sinistrée de Caracas. Pour se rendre sur place, il faut un laissez-passer délivré dans une salle de concert, le Poliedro. Une file d’attente interminable s’y étend. « Il faut un permis pour sauver des vies, vous imaginez ? », s’indigne Carlos Itriago, un secouriste de 27 ans. Les hôpitaux, déjà fragiles, sont débordés. Yessica Mendoza raconte avoir dû amener elle-même sa fille à la morgue, parce que les corps gisaient à même le sol à l’hôpital Catia la Mar. La présidente par intérim Delcy Rodriguez a été huée vendredi devant un immeuble effondré d’un quartier chic de Caracas.

Pourtant, l’aide internationale monte en puissance. Des équipes de secours venues d’au moins 17 pays sont à l’œuvre. Les États-Unis ont déployé près de 250 secouristes civils spécialisés, et une piste de l’aéroport de Caracas a été rouverte pour accueillir les avions américains chargés d’aide humanitaire. La France a aussi envoyé ses sauveteurs de la Sécurité civile. De son côté, le président salvadorien Nayib Bukele publie en continu des images de ses compatriotes tirant des miraculés des décombres, comme Hinda Ramirez, retrouvée vivante sous sa maison. Mais le bilan risque de s’alourdir encore. Le responsable de l’aide humanitaire de l’ONU parle d’une opération de secours extrêmement complexe. Et au Venezuela, chaque minute compte.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus