Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Israël bombarde le Sud-Liban malgré la prolongation de la trêve

Article

le

Alors que Washington annonçait vendredi une extension de l’accord de cessez-le-feu, l’armée israélienne a intensifié ses raids sur le sud du Liban, semant le doute parmi les populations déplacées.

L’armée israélienne a mené une nouvelle série de bombardements sur le sud du Liban ce samedi, ciblant selon ses dires des infrastructures du Hezbollah dans plusieurs secteurs. Ces frappes interviennent au lendemain de l’annonce par Washington d’une prolongation d’un mois et demi de la trêve entre les deux pays, une mesure qui devait entrer en vigueur dimanche. Neuf villages ont reçu un ordre d’évacuation préalable.

L’agence de presse officielle libanaise a fait état de multiples frappes dans les régions de Nabatiyé et de Saïda, provoquant un nouvel exode des habitants. L’armée israélienne a élargi son périmètre d’action jusqu’à Bayssariyé, une localité située à plus de cinquante kilomètres au nord de la frontière. Malgré l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril, plus de quatre cents personnes ont péri au Liban depuis cette date, selon un décompte basé sur les chiffres officiels.

Pour de nombreux déplacés, cette prolongation n’a aucun sens. Ali Salamé, réfugié dans une école de Beyrouth transformée en centre d’accueil, exprime son amertume. Il dénonce des agressions continues, des pertes humaines et des destructions quotidiennes. Nawal Mezher, originaire de Babiliyé, partage ce sentiment. Elle s’interroge sur la réalité d’une trêve alors que les menaces persistent et que les civils fuient. Elle affirme son soutien à la Résistance, en référence au Hezbollah.

Vendredi, six personnes ont trouvé la mort, dont trois secouristes du Comité islamique de santé, une organisation affiliée au mouvement pro-iranien, selon le ministère de la Santé. Dans la ville antique de Tyr, trente-sept personnes ont été blessées lors de raids nocturnes sur un quartier résidentiel, après des ordres d’évacuation. Un journaliste présent sur place a constaté des dégâts considérables à proximité des ruines historiques. Ibrahim Kahwaji, un tailleur blessé à la jambe, déplore la destruction complète de son quartier. Il estime que le sud est vidé de sa population et réclame une solution politique.

Israël et le Liban ont conclu vendredi à Washington une troisième session de négociations, une première depuis des décennies entre deux pays sans relations diplomatiques. Le Hezbollah s’oppose à ces pourparlers, qui portent notamment sur son désarmement. La formation chiite continue de revendiquer des attaques contre l’armée israélienne, qui occupe une partie du sud du pays, ainsi que contre le nord d’Israël.

Le Liban a été entraîné dans un conflit régional avec l’Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une offensive contre Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei. Depuis, près de trois mille personnes ont été tuées et plus d’un million déplacées, selon les autorités. Vendredi soir, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a vivement critiqué le mouvement chiite, dénonçant des aventures irresponsables servant des intérêts étrangers et affirmant qu’aucun groupe armé ne devait être toléré.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus