Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Londres sous haute surveillance policière face à des manifestations antagonistes

Article

le

La capitale britannique a connu samedi un déploiement policier exceptionnel pour encadrer deux rassemblements aux antipodes, l’un organisé par l’extrême droite et l’autre par des militants propalestiniens et antiracistes.

Des dizaines de milliers de personnes ont convergé vers le centre de Londres pour deux manifestations distinctes, soigneusement séparées par les autorités. D’un côté, les partisans de Tommy Robinson, figure controversée de la mouvance anti-immigration et anti-islam, de l’autre, des militants propalestiniens et des opposants à l’extrême droite. La police a mobilisé près de 4 000 agents, déployant des véhicules blindés, des drones, des hélicoptères et, pour la première fois lors d’une manifestation, des caméras de reconnaissance faciale en temps réel. Ce dispositif visait à prévenir tout débordement, d’autant que la finale de la Coupe d’Angleterre devait attirer 90 000 spectateurs au stade de Wembley dans l’après-midi.

La marche baptisée « Unite The Kingdom », organisée par Tommy Robinson, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, espérait réunir plus de 50 000 participants. Ce militant d’extrême droite cherchait à renouveler le succès de son rassemblement de septembre, qui avait attiré jusqu’à 150 000 personnes dans les rues londoniennes au nom de la « liberté d’expression ». Bien que cette initiative ne soit pas officiellement liée au parti anti-immigration Reform UK, elle intervient dans un contexte politique marqué par la progression électorale de Nigel Farage, donné en tête des sondages pour les prochaines élections législatives de 2029.

Parmi les manifestants, Natasha, 44 ans, arborait un bob aux couleurs de l’Union Jack. Déjà présente lors de précédentes mobilisations, elle expliquait apprécier de se retrouver « entourée de gens de sa propre culture » et estimait que le pays était « plongé dans le désordre ». Justin, 56 ans, venu de l’Essex, rejetait l’accusation de racisme, affirmant que le mouvement portait sur les « valeurs britanniques » et non sur la couleur de peau. Il dénonçait un gouvernement sourd aux préoccupations populaires et jugeait Nigel Farage trop modéré.

Tommy Robinson, très actif sur le réseau social X malgré un passé judiciaire marqué par des condamnations et des séjours en prison, avait appelé ses partisans à la retenue, leur demandant de ne pas porter de masques et de limiter leur consommation d’alcool. La police a procédé à deux arrestations samedi matin près de la gare d’Euston, visant des hommes suspectés de violences à Birmingham. Le Premier ministre travailliste Keir Starmer avait qualifié les organisateurs de la marche de « voyous » et de « racistes condamnés » diffusant haine et division. Downing Street a également annoncé l’interdiction d’entrée au Royaume-Uni de onze « agitateurs étrangers d’extrême droite », dont l’Américano-Colombienne Valentina Gomez, accusée de propos incendiaires envers les musulmans.

De l’autre côté, la contre-manifestation propalestinienne commémorait la « Nakba », la fuite et l’expulsion d’environ 760 000 Palestiniens lors de la création de l’État d’Israël, tout en exprimant une opposition ferme à l’extrême droite. Des manifestants scandaient « Racistes hors de nos rues, réfugiés bienvenus », brandissant des drapeaux palestiniens et portant des keffiehs. Charlie, venu de Cardiff, s’indignait que des « fascistes » puissent défiler librement dans Londres. La police a prévenu qu’elle interpellerait toute personne scandant « Mondialisons l’intifada », un slogan jugé inacceptable par Keir Starmer après une attaque au couteau dans le quartier de Golders Green. Le niveau de menace terroriste avait été relevé à « sévère » début mai, après une série d’incidents antisémites dans la capitale.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus