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Culture

Marseille lance une saison culturelle méditerranéenne sous le signe des crispations politiques

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Lancée ce vendredi à Marseille, la « saison Méditerranée 2026 » se présente comme une vaste initiative gouvernementale visant à donner la parole aux artistes des deux rives, dans un contexte régional marqué par de profondes divisions.

Cette manifestation culturelle d’envergure, portée par les ministères de l’Europe et des Affaires étrangères ainsi que par celui de la Culture, propose six mois de programmation et plus de deux cents événements. Après une première étape marseillaise qui s’achèvera le 24 mai, le rendez-vous investira plus de soixante villes françaises et cinq pays partenaires, à savoir le Liban, l’Égypte, l’Algérie, la Tunisie et le Maroc. Arts visuels, musique, spectacle vivant, cinéma, création numérique et débats d’idées composeront une offre pluridisciplinaire.

Lors de l’inauguration, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a souligné le double visage de la Méditerranée. Il a décrit une zone hautement stratégique pour la prospérité mondiale, où transite un quart du trafic maritime, mais aussi un espace devenu le cimetière de ceux qui fuient les conflits. Le ministre a affirmé la volonté de la France de promouvoir un agenda méditerranéen centré sur la jeunesse, les diasporas, les sociétés civiles et les associations, en soutenant des projets concrets pour exploiter le potentiel de la région. Il a également annoncé que le poète palestinien Mahmoud Al Shaer avait obtenu un visa pour participer à la saison, précisant que d’autres suivraient.

La commissaire de l’événement, Julie Kretzschmar, a expliqué à l’Agence France-Presse que le principal défi avait été de tisser des liens entre des récits parfois critiques et des messages relevant de la diplomatie ou de la politique. Le projet avait été annoncé par le président de la République en juin 2023, avant que les attaques du 7 octobre et la campagne militaire israélienne à Gaza ne viennent bouleverser le contexte. La nomination de la commissaire en a été considérablement retardée, et elle n’a disposé que d’un an et demi pour monter des centaines de projets.

À ces difficultés se sont ajoutées des relations diplomatiques quasiment gelées entre la France et l’Algérie, une situation économique désastreuse au Liban, et des scènes culturelles égyptienne et tunisienne confrontées à des régimes autoritaires. Les conflits imprègnent et colorent cette saison, dans un environnement régional polarisé et fracturé, a souligné Julie Kretzschmar.

L’artiste palestinien Sharref Sarhan présente à Marseille son œuvre intitulée « Gaza Lighthouse », une sculpture monumentale réalisée à partir de débris issus d’anciens conflits dans l’enclave. L’original, installé sur le rond-point du port de Gaza, a été détruit en 2023. La nouvelle version est désormais érigée au bord de la Méditerranée. En plein air, sur la célèbre Digue du Large qui ferme le port de Marseille, le metteur en scène Sébastien Kheroufi proposera « Du sel dans les yeux », une création conçue comme une fresque politique, sociale et familiale reliant la France et l’Algérie.

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