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La mode milanaise recommande d’abandonner la fourrure sans imposer d’interdiction

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La Chambre nationale de la mode italienne a publié des directives invitant les marques à ne plus utiliser de fourrure lors des défilés de la Fashion Week de Milan, une avancée saluée par les défenseurs des animaux mais qui reste dépourvue de caractère contraignant.

La semaine de la mode milanaise a franchi un nouveau cap en recommandant aux maisons de luxe de renoncer à la fourrure dans leurs présentations. Cette orientation, dévoilée vendredi, fait suite à des mobilisations répétées d’organisations de protection animale. Toutefois, il ne s’agit pas d’une interdiction formelle mais d’une simple invitation, laissant aux créateurs une totale liberté de choix.

Avec cette demi-mesure, Milan suit prudemment les traces des Fashion Weeks de Londres et de New York, qui ont quant à elles banni la fourrure de leurs podiums. Les nouvelles lignes directrices de la Milano Fashion Week précisent que les marques sont invitées, sans obligation, à exclure de leurs collections tout vêtement ou accessoire comportant de la fourrure. La Chambre nationale de la mode italienne a souligné qu’aucune sanction ni exclusion du calendrier officiel n’est prévue pour celles qui ne se conformeraient pas à cette recommandation.

Ces dernières années, des militants venaient régulièrement perturber les défilés milanais pour dénoncer les conditions d’élevage des animaux à fourrure, entassés dans des cages grillagées avant d’être gazés ou électrocutés. L’usage de la fourrure dans l’industrie de la mode a fortement diminué, sous l’effet des préoccupations éthiques, de l’évolution des tendances et de l’essor des alternatives synthétiques, qui ont paradoxalement contribué à remettre la fourrure au goût du jour.

Carlo Capasa, président de la Chambre nationale de la mode italienne, a estimé que cette initiative témoignait de la volonté du secteur d’aborder les mutations de l’industrie avec conscience et équilibre. Les marques qui ne souhaitent pas adhérer à ces directives conservent une entière liberté dans leurs choix d’approvisionnement, de production et de communication.

Pour Emma Håkansson, directrice du collectif Fashion Justice, cette annonce constitue une étape historique pour la mode italienne, marquant un changement de cap par rapport à l’utilisation non éthique et non durable des fourrures. Sans bannissement total, elle a toutefois exprimé l’espoir que cette déclaration encouragera le recours à des biomatériaux de nouvelle génération, à la fois esthétiques et responsables.

Plusieurs grandes maisons milanaises, comme Armani, Prada ou Dolce & Gabbana, avaient déjà renoncé à la fourrure. Il subsiste cependant quelques exceptions notables dans le paysage du luxe italien, à l’image de Fendi, propriété du groupe LVMH, dont l’histoire est étroitement liée à cette matière. La nouvelle directrice créative de la maison, Maria Grazia Chiuri, a néanmoins amorcé un virage en ne présentant lors de son premier défilé à Milan que des fourrures dites régénérées.

La Chambre de la mode italienne entend par fourrure toute peau avec poils provenant d’animaux élevés ou capturés exclusivement ou principalement pour leur pelage, comme le lapin, l’hermine, le renard, le chien viverrin, le coyote ou le mouton Karakul. Les directives ne concernent pas les matières issues d’animaux élevés pour la filière alimentaire, les fourrures de seconde main, les matières synthétiques ni les matériaux innovants imitant la fourrure.

L’Italie a interdit depuis 2022 l’élevage d’animaux pour leur fourrure, à l’instar de la France depuis 2021 et du Royaume-Uni depuis 2003. La Commission européenne doit encore se prononcer sur une initiative citoyenne de 2023 demandant à l’Union européenne d’interdire ces élevages et la mise à mort d’animaux uniquement pour leur pelage.

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