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Société

Le réchauffement climatique, un accélérateur méconnu de la propagation des hantavirus ?

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Les modifications des régimes de précipitations, amplifiées par le phénomène El Niño, créent un environnement propice à l’explosion des populations de rongeurs, principaux vecteurs de cette maladie mortelle.

L’enquête sur la contamination d’un couple de Néerlandais à bord du navire de croisière MV Hondius illustre la complexité de la transmission de l’hantavirus. Les autorités sanitaires argentines, dépêchant une mission en Terre de Feu pour déterminer le lieu exact de l’infection, se heurtent à une interrogation centrale : l’origine de la souche andine du virus dans cette région méridionale. Si la piste d’une contamination dans le nord de l’Argentine, où ce pathogène est endémique, reste plausible, les scientifiques doutent de la présence du rat à longue queue, unique réservoir connu de cette souche, dans les environs d’Ushuaïa.

Au-delà de ces incertitudes géographiques, un consensus émerge sur le rôle déterminant des conditions climatiques. Selon le biologiste Raúl González Ittig, les précipitations intenses succédant à deux années de sécheresse, conjuguées au phénomène El Niño, ont engendré un développement végétal exceptionnel. Cette abondance de nourriture a mécaniquement dopé les populations de rongeurs, augmentant ainsi les risques de contact avec les humains. Cette observation rejoint les conclusions d’une étude de 2021, qui avait déjà mis en lumière un mécanisme similaire lors de l’épisode El Niño de 1992-1993. Les chercheurs avaient alors constaté une multiplication par vingt des populations de rongeurs, suivie d’une invasion des habitations et d’une flambée des cas d’infection humaine.

Paradoxalement, les périodes de sécheresse pourraient également jouer un rôle pernicieux. En Amérique latine, le manque d’eau pousse les populations à stocker des céréales, créant des réserves de nourriture qui attirent les rongeurs en quête de subsistance. Ce rapprochement forcé entre l’homme et l’animal, dans des espaces clos et domestiques, accroît considérablement le risque de transmission virale. Le climat, en modifiant à la fois l’environnement naturel et les comportements humains, agit ainsi comme un multiplicateur de risques sanitaires.

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