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Taipei réaffirme sa souveraineté après les avertissements de Trump

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Le gouvernement taïwanais a revendiqué son statut de nation indépendante ce week-end, en réponse aux mises en garde du président américain formulées à l’issue de son déplacement à Pékin.

Les autorités de l’île ont opposé une fin de non-recevoir aux déclarations de Donald Trump, qui avait exhorté Taipei à renoncer à toute proclamation unilatérale d’indépendance. Dans un entretien accordé à une chaîne de télévision américaine, le locataire de la Maison-Blanche avait prévenu qu’il n’entendait pas engager les forces armées des États-Unis dans un conflit lointain pour ce motif.

La diplomatie taïwanaise a rétorqué que l’île constituait une démocratie souveraine, libre de toute allégeance à Pékin. Elle a également souligné que les livraisons d’armement américain ne relevaient pas d’un simple engagement bilatéral mais participaient d’une stratégie de dissuasion face aux pressions régionales.

Cette controverse survient alors que Washington est tenu, depuis 1979, de fournir des équipements défensifs à Taipei en vertu du Taiwan Relations Act, une législation adoptée après la reconnaissance de la République populaire de Chine. La doctrine américaine repose depuis 1982 sur un équilibre délicat : ne pas consulter Pékin sur les ventes d’armes tout en maintenant un flou stratégique quant à une éventuelle intervention militaire en cas d’attaque chinoise.

Le mois de décembre dernier a vu l’administration Trump approuver une nouvelle cession d’armements à Taïwan, d’un montant de 11,1 milliards de dollars. Il s’agit de la transaction la plus conséquente depuis 2001, époque où George W. Bush avait autorisé des livraisons pour 18 milliards de dollars.

Cette annonce a provoqué des remous politiques sur l’île. Le président Lai Ching-te, dont le parti ne dispose pas de la majorité parlementaire, avait proposé un budget de 40 milliards de dollars pour moderniser les capacités défensives taïwanaises. L’opposition du Kuomintang, qui dénonçait une fuite en avant belliciste, a finalement cédé. Le 8 mai, une enveloppe de 25 milliards de dollars destinée à l’acquisition d’équipements américains a été votée.

Donald Trump a pour sa part indiqué ne pas avoir encore tranché sur l’avenir des ventes d’armes à Taïwan, tout en promettant une décision rapide. Sa visite à Pékin a permis d’afficher une certaine stabilité entre les deux superpuissances, sans avancée majeure sur les dossiers commerciaux ou iraniens. La venue annoncée de Xi Jinping à Washington à l’automne constituera un nouveau test pour l’équilibre fragile entre les deux premières économies mondiales.

Des experts estiment que la Chine fera pression pour que Washington gèle toute nouvelle livraison d’armes à Taïwan d’ici cette échéance. Jeudi, le président chinois avait mis en garde son homologue américain avec une fermeté inhabituelle : la question taïwanaise, avait-il déclaré, est la plus sensible des relations sino-américaines. Bien traitée, elle permet une stabilité globale. Mal gérée, elle expose les deux pays à une confrontation, voire à un conflit.

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