Société
Isabelle Adjani face à la justice fiscale
_**L’audience en appel de la comédienne, ouverte vendredi, a été suspendue après une contestation de la défense. La procédure reprendra le 1er avril.**_
L’actrice Isabelle Adjani est apparue ce vendredi devant la cour d’appel de Paris, où son procès pour des irrégularités fiscales a été immédiatement reporté. La chambre a en effet décidé de renvoyer les débats au 1er avril prochain, suite à une requête déposée par ses conseils. La défense, forte de cinq avocats, a soulevé un moyen de nullité concernant l’admissibilité d’une pièce issue d’une demande d’assistance administrative adressée au Portugal.
À l’issue de cette brève audience principalement technique, l’artiste s’est dite attentive aux décisions de la juridiction. Absente lors du premier procès, elle a assuré sa présence à la prochaine séance. La comédienne avait été condamnée en première instance à une peine de deux ans d’emprisonnement avec sursis et à 250 000 euros d’amende.
Les avocats de la prévenue estiment avoir soulevé des arguments substantiels touchant à l’ordre public. La condamnation initiale reposait sur plusieurs chefs. Isabelle Adjani avait été reconnue coupable de s’être indûment domiciliée au Portugal pour les années 2016 et 2017, lui permettant selon le tribunal d’éluder environ 236 000 euros d’impôt sur le revenu.
Un second volet concernait une somme de deux millions d’euros reçue en 2013 d’un homme d’affaires sénégalais, président du comité olympique national. Les juges y ont vu une donation déguisée, présentée à tort comme un prêt, ayant permis à l’intéressée, alors en situation financière délicate, d’éviter un impôt de 1,2 million d’euros.
Enfin, elle avait été condamnée pour blanchiment au motif d’un transfert de 119 000 euros, via un compte non déclaré aux États-Unis, vers le Portugal. La juridiction avait considéré que les modalités de cette opération visaient à en dissimuler l’origine et la destination.
Lors du premier procès, la défense avait plaidé l’erreur et une mauvaise gestion conseillée pour justifier la domiciliation portugaise. L’affaire trouve son origine dans les révélations des Panama Papers en 2016, où le nom de l’actrice était apparu en lien avec une société basée aux îles Vierges britanniques. Si cette piste n’avait pas donné lieu à des poursuites, elle avait conduit les enquêteurs à examiner d’autres aspects de sa situation fiscale.
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