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Ils ont été réélus malgré une marée humaine dans les rues

Plus de 30 000 manifestants ont tenté de bloquer le congrès de l’AfD à Erfurt. Mais les deux coprésidents du parti d’extrême droite allemand ont été…

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Ils ont été réélus malgré une marée humaine dans les rues

Plus de 30 000 manifestants ont tenté de bloquer le congrès de l’AfD à Erfurt. Mais les deux coprésidents du parti d’extrême droite allemand ont été reconduits à leurs postes, affichant leur ambition de devenir la première force politique du pays.

Samedi, la ville d’Erfurt, dans l’est de l’Allemagne, a été le théâtre d’une journée sous haute tension. Des dizaines de milliers de personnes venues de tout le pays ont convergé pour empêcher la tenue du congrès de l’Alternative pour l’Allemagne, le parti d’extrême droite. Blocages de routes, descentes en rappel depuis un pont d’autoroute, perturbations des transports en commun : la mobilisation a été massive, avec environ 31 000 manifestants recensés par la police et jusqu’à 50 000 selon les organisateurs. Pourtant, malgré cette pression, les délégués ont pu entamer leurs travaux à l’heure prévue. Alice Weidel et Tino Chrupalla ont été réélus à la coprésidence du parti, confortés dans leur stratégie qui a fait de l’AfD la première force d’opposition aux législatives de 2025.

Pour les opposants, cet événement est bien plus qu’un simple congrès politique. Beaucoup y voient une provocation délibérée : le rendez-vous tombait le jour du centième anniversaire d’un congrès nazi à Weimar, tout près de là. L’AfD dément, parlant d’un hasard du calendrier, mais dans un pays marqué par le poids du passé nazi, le symbole est lourd. Les manifestants, comme Lene Krug, 19 ans, venue pour la première fois dans une manifestation, affirment que l’AfD est un parti antidémocratique qui diffuse la haine. D’autres, comme Ella, 44 ans, se sont collés aux rails du tramway en rappelant que « 1933 à 1945 ne doit plus jamais se reproduire ». Les rassemblements sont restés en grande partie pacifiques, même si la police a dû utiliser du gaz poivré lors d’affrontements isolés.

L’AfD, elle, regarde déjà vers les élections régionales de septembre dans l’est du pays, son bastion électoral. Les sondages la donnent capable de remporter la majorité absolue dans certains Länder. Le parti capitalise sur la crise migratoire de 2015, les attentats islamistes et la crise économique allemande. Mais en interne, les tensions persistent. Björn Höcke, figure radicale connue pour ses déclarations polémiques sur le passé nazi, voulait faire adopter une motion visant à réviser la liste des groupes extrémistes interdits aux membres de l’AfD. Sous la pression, il a retiré son texte, mais Alice Weidel a promis une révision de cette liste dans l’année. Le message est clair : l’extrême droite allemande est unie en apparence, mais ses divisions stratégiques restent vives, tandis que la rue continue de lui faire front.

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