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Culture

Edgar Morin, le penseur de l’incertitude, nous quitte à 104 ans

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Le sociologue et résistant, mort à 104 ans, laisse une œuvre marquée par des formules puissantes sur l’amour, la nature humaine et la nécessité de comprendre avant de condamner.

Avec la disparition d’Edgar Morin, la France perd l’un de ses derniers grands témoins du XXe siècle. Philosophe, sociologue et résistant, il avait traversé les époques en refusant les dogmes et en privilégiant une pensée de la complexité. Ses écrits, souvent ciselés comme des aphorismes, continuent d’éclairer le débat contemporain. Il aimait rappeler qu’il fallait cesser de disjoindre nature et culture, car la clé de la culture est dans notre nature et celle de notre nature est dans la culture. Pour lui, la conscience ne surmonte jamais totalement l’ambiguïté et l’incertitude, une leçon qu’il jugeait essentielle.

L’amour, disait-il, est le comble de l’union de la folie et de la sagesse. Il appelait aussi à comprendre avant de condamner, voyant dans cette démarche le chemin de l’humanisation des relations humaines. Profondément attaché au doute, il estimait que dans toute foi, un doute refoulé demeure. Renoncer au meilleur des mondes ne signifie pas renoncer à un monde meilleur, écrivait-il encore. Il mettait en garde contre la tentation de sacrifier l’essentiel à l’urgence, oubliant alors l’urgence de l’essentiel.

Edgar Morin considérait l’histoire des grandes sociétés comme celle de guerres ininterrompues. Sa propre pensée politique, il la qualifiait de « droitier gauchiste », mêlant respect des libertés et exigence de transformations profondes. En 2020, face à la pandémie de Covid-19, il invitait à supporter toniquement l’incertitude, y voyant à la fois danger et espoir. Ses mots, toujours empreints de sagesse et d’humilité, restent un héritage pour les générations futures.

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