Monde
Deux survivantes d’attaques antérieures confrontées à une nouvelle fusillade sur le campus de Brown

Pour Mia Tretta et Zoe Weissman, étudiantes à l’université Brown, la fusillade survenue le week-end dernier résonne comme un cauchemar récurrent. Toutes deux avaient déjà échappé à des tirs meurtriers durant leur scolarité secondaire.
Un assaillant a ouvert le feu samedi dans un bâtiment abritant les départements d’ingénierie et de physique de l’établissement du Rhode Island, alors que des étudiants y préparaient leurs examens de fin de semestre. Le bilan fait état de deux morts et de neuf blessés. Parmi les personnes présentes sur les lieux, deux jeunes femmes portent un poids particulier, celui d’une expérience douloureusement familière.
Mia Tretta, âgée de 21 ans, suivait ses révisions dans sa résidence universitaire lorsqu’une alerte a signalé un tireur actif sur le campus. En 2019, alors lycéenne en Californie, elle avait été blessée par balle lors d’une attaque qui avait coûté la vie à deux élèves, dont sa meilleure amie. Hospitalisée pendant plus d’une semaine, elle conserve encore des fragments de projectile dans son corps. Elle avait choisi Brown pour son cadre supposé paisible et sécurisé, loin du théâtre du drame initial.
Zoe Weissman, 20 ans, se trouvait également dans son logement étudiant lors de l’intervention des forces de l’ordre. En 2018, elle était scolarisée dans un collège voisin du lycée Marjory Stoneman Douglas à Parkland, en Floride, où une fusillade avait causé la mort de dix-sept personnes. Diagnostiquée ensuite en état de stress post-traumatique, elle s’était engagée dans le mouvement militant pour le contrôle des armes à feu.
Ces deux parcours illustrent une réalité qui dépasse le cadre d’un établissement ou d’une région. Comme l’exprime Mia Tretta, la violence par arme à feu constitue une crise nationale qui ne fait aucune distinction. Refusant de considérer ces événements comme une fatalité, elle est devenue une porte-parole active de la prévention, ayant même témoigné à la Maison Blanche. De son côté, Zoe Weissman interroge avec amertume l’inaction persistante des législateurs. Elle souligne l’absurdité d’une situation où des citoyens se retrouvent exposés à plusieurs reprises à un même danger, en l’absence de législation fédérale plus contraignante.
Lors d’une conférence de presse, le maire de Providence a rapporté le témoignage d’un étudiant blessé, qui a expliqué avoir appliqué les consignes de sécurité apprises lors d’exercices de simulation au lycée. Si de tels entraînements peuvent s’avérer utiles, leur nécessité même traduit une banalisation inquiétante du risque dans le paysage éducatif américain. Ces récits individuels mettent en lumière le fardeau psychologique et l’hypervigilance qui marquent désormais une génération entière d’étudiants, y compris au sein d’institutions réputées pour leur tranquillité.

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