Europe
Des résidus multiples de pesticides détectés dans la majorité des pommes européennes


Une étude menée par un réseau d’organisations environnementales révèle une présence généralisée de mélanges de substances chimiques dans ce fruit largement consommé, soulevant des interrogations sur les modalités d’évaluation des risques.
La quasi-totalité des pommes analysées dans plusieurs États membres de l’Union européenne contiennent des résidus de plusieurs produits phytosanitaires. Cette conclusion émane d’un rapport fondé sur l’examen d’une soixantaine de fruits achetés de manière aléatoire dans treize pays, dont la France, l’Espagne et l’Italie. Les analyses montrent que plus de huit échantillons sur dix renferment des combinaisons de ces substances, certaines présentant jusqu’à sept composés distincts.
Parmi les résidus identifiés, une proportion significatoire appartient à la catégorie des pesticides considérés comme les plus préoccupants par la réglementation européenne, dits « candidats à la substitution ». Par ailleurs, une majorité des échantillons contient également au moins un polluant perfluoré, une famille de composés chimiques persistants. Si la présence individuelle de chaque résidu respecte généralement les limites réglementaires en vigueur pour les denrées alimentaires, la question de l’effet cumulé de ces mélanges, ou « effet cocktail », est pointée du doigt.
Les auteurs du document estiment que les procédures d’homologation, qui évaluent les substances de manière isolée, ne prennent pas suffisamment en compte l’exposition réelle des consommateurs à des associations de molécules. Ils soulignent l’absence de certitude scientifique quant aux conséquences sanitaires d’une ingestion régulière de ces combinaisons. Le rapport indique par ailleurs que, si les mêmes fruits étaient destinés à l’alimentation infantile, la grande majorité d’entre eux ne satisferaient pas aux normes plus strictes applicables à cette catégorie de produits.
Face à ces constats, il est recommandé de privilégier les pommes issues de l’agriculture biologique ou de retirer la peau des fruits conventionnels avant consommation. La pomme, l’un des fruits les plus appréciés et les plus cultivés au sein de l’Union, fait en effet l’objet de nombreux traitements phytosanitaires tout au long de son cycle de production, notamment pour lutter contre des maladies fongiques.





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