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Gabriel Attal réclame un référendum pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans

La censure du Conseil constitutionnel n’a pas stoppé l’initiative. Le candidat à l’Élysée veut soumettre le nouveau texte au vote du peuple, une stratégie…

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Gabriel Attal réclame un référendum pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans

La censure du Conseil constitutionnel n’a pas stoppé l’initiative. Le candidat à l’Élysée veut soumettre le nouveau texte au vote du peuple, une stratégie qui déclenche de vives réactions.

La semaine dernière, les Sages ont retoqué la proposition de loi qui devait empêcher les moins de 15 ans d’utiliser les réseaux sociaux. L’exécutif refuse de baisser les bras. Emmanuel Macron a chargé son Premier ministre Sébastien Lecornu de rédiger une nouvelle version, juridiquement plus solide. La ministre déléguée au Numérique Anne Le Hénanff a rappelé l’objectif, une promulgation d’ici au printemps 2027 après un passage au Parlement dans les prochains mois.

Gabriel Attal ne compte pas attendre ce calendrier. Le candidat à la présidentielle lance un appel au chef de l’État pour que le nouveau dispositif soit soumis directement au peuple par référendum. Il invoque l’urgence démocratique et la protection de la jeunesse, estimant qu’une course contre-la-montre a démarré. Il assure que ce texte tiendra compte des remarques des Sages et se défend de vouloir contourner l’institution. Il récuse toute tentation autoritaire et toute remise en cause des équilibres républicains.

Cette sortie provoque l’ironie à gauche. Le député socialiste Arthur Delaporte ironise sur X et détaille la méthode en quatre temps. D’abord proposer une loi inconstitutionnelle, ensuite se faire censurer, puis clamer son respect du Conseil, enfin réclamer un référendum pour le contourner. Le constitutionnaliste Benjamin Morel voit une contradiction majeure. Ce que l’on dénonce chez le Rassemblement national, à travers son référendum sur l’immigration, devient soudain acceptable. Forcer la jurisprudence par la voie populaire légitimerait des dérives illibérales.

Le Conseil constitutionnel a justifié sa décision en estimant que la loi portait une atteinte non nécessaire et disproportionnée à la liberté d’expression des adolescents. Jean-Luc Mélenchon a salué une victoire majeure pour les libertés fondamentales. Le leader de La France insoumise dénonce un flicage numérique du peuple, un contrôle généralisé de l’identité en ligne sous prétexte de protéger les moins de 15 ans.

Le débat arrive dans un paysage politique où le référendum redevient un objet de campagne. La dernière consultation nationale remonte à 2005 et au rejet du traité constitutionnel européen. Emmanuel Macron n’en a convoqué aucune depuis 2017, malgré les appels des gilets jaunes. Le référendum d’initiative partagée, inscrit dans la Constitution, reste inaccessible tant ses conditions sont élevées, avec un cinquième des parlementaires puis un dixième du corps électoral, soit environ 4,9 millions de signatures.

Les candidats se pressent désormais pour s’approprier l’outil. Gabriel Attal imagine une journée annuelle dédiée aux consultations à choix multiples. Édouard Philippe y songe pour instaurer une règle d’or budgétaire ou réformer les retraites. Bruno Retailleau en promet plusieurs sur l’immigration et la sécurité. Le Rassemblement national défend depuis longtemps un référendum constitutionnel sur les questions migratoires.

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