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Dans cette prison ultra-sécurisée, des détenus seraient victimes de violences quotidiennes et d’humiliations

Un rapport de la contrôleure des prisons dénonce des pratiques systématiques d’intimidation et de brutalité au sein du quartier de haute sécurité de…

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Dans cette prison ultra-sécurisée, des détenus seraient victimes de violences quotidiennes et d’humiliations

Un rapport de la contrôleure des prisons dénonce des pratiques systématiques d’intimidation et de brutalité au sein du quartier de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe. Le garde des Sceaux conteste les faits, mais des plaintes de détenus sont en cours d’examen.

La prison de Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne, est sous le feu des projecteurs. Son quartier de lutte contre la criminalité organisée, ouvert à l’automne 2025, est au cœur d’un rapport très sévère de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté. Ce document, qui a été transmis d’urgence au ministre de la Justice début juin, décrit un système carcéral où les brimades, les violences et les abus de pouvoir seraient monnaie courante. Les contrôleurs, qui ont passé plusieurs jours sur place en mai, ont recueilli des témoignages de détenus mais aussi de personnels qui confirment ces pratiques.

Les agents de ce quartier d’élite portent en permanence des cagoules. Une mesure de sécurité qui, selon le rapport, empêche les prisonniers d’identifier ceux qui les maltraitent. Résultat : un sentiment d’impunité s’installe. Les fouilles seraient particulièrement brutales, avec des attouchements sur les parties intimes. Dès 7 heures du matin, la prise de service des surveillants s’accompagnerait de cris, de coups dans les portes et d’insultes. La nuit, des réveils forcés sont organisés sous prétexte de contrôles. Les détenus subiraient aussi des humiliations lors des repas : leur nourriture serait placée en hauteur, dans une corbeille, et ils devraient s’en saisir sans la toucher s’ils veulent manger.

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a répondu en affirmant qu’aucune plainte ni recours n’a établi de violation des droits fondamentaux dans cet établissement. Il assure que les règles de sécurité et d’éthique sont respectées. Pourtant, six détenus ont porté plainte pour violences et humiliations volontaires. Leur avocate estime que ces accusations sont crédibles et parle d’infractions pénales. Une enquête est en cours. Le rapport de la contrôleure demande une inspection interne pour clarifier les responsabilités et éviter que ces faits ne se reproduisent. Une mission est prévue pour l’été 2026. Ces quartiers ultra-sécurisés, inspirés du modèle italien, visent à isoler les figures du grand banditisme. Mais à Condé-sur-Sarthe, la méthode est accusée de glisser vers des pratiques indignes.

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