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Barcelone teste un bracelet qui sonne avant le coup de chaleur

Sur les chantiers et dans les jardins espagnols, la chaleur devient une menace concrète. Pour y faire face, la ville de Barcelone équipe ses employés…

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Barcelone teste un bracelet qui sonne avant le coup de chaleur

Sur les chantiers et dans les jardins espagnols, la chaleur devient une menace concrète. Pour y faire face, la ville de Barcelone équipe ses employés extérieurs d’un capteur thermique qui les alerte avant que le corps ne craque.

À Barcelone, le soleil tape déjà fort à 10 heures du matin. Antonio Reina, jardinier municipal de 54 ans, porte au poignet un bracelet thermique, l’un des 1 400 distribués par la mairie. Ce petit boîtier, sans écran, ressemble à une montre digitale. Il mesure la température corporelle et déclenche une alerte rouge sonore quand le danger de coup de chaleur approche. « Il sonne avant que tu ressentes les symptômes, explique Antonio. Alors tu quittes la zone, tu bois de l’eau, tu te mets à l’ombre. » Un gadget qui n’est qu’une pièce d’un dispositif plus large. Les horaires de ces agents ont été avancés et raccourcis. Ils suivent un protocole quotidien avec pauses régulières, disposent de casquettes rafraîchissantes et ne travaillent jamais seuls.

À Madrid, où les vagues de chaleur font régulièrement grimper le thermomètre à 40 °C, la même logique s’applique. Eli de Sousa, patron brésilien d’une entreprise d’installation de panneaux solaires, fait commencer ses équipes à 7 heures du matin pour s’arrêter impérativement à 13 heures. « Après, il est impossible de travailler », dit-il. Ses employés ont une glacière à portée de main pour rester hydratés, et si la chaleur devient trop forte, ils stoppent et rattrapent plus tard. Juan Carlos Rodríguez, qui installe des équipements sur les toits pour une entreprise de télécommunications, décrit le même rituel : plusieurs fois par jour, il descend se rafraîchir et boire. Depuis les années 1990, la législation espagnole impose un cadre, notamment une température maximale de 27 °C dans les espaces fermés. Mais cette règle n’est pas toujours respectée, surtout dans les écoles.

Un drame a accéléré les choses. En 2022, un agent de voirie meurt d’un coup de chaleur dans une rue de Madrid. « Ça a mobilisé la population, la société et le gouvernement », raconte Carmen Mancheño, responsable santé au travail du syndicat CCOO. En 2023, une nouvelle réglementation oblige les employeurs à adapter les horaires pendant les heures les plus chaudes et à mettre en place un protocole spécial quand l’agence météo émet des alertes orange ou rouge. Dans la pratique, ces mesures s’appliquent surtout dans le BTP et le nettoyage urbain. Beaucoup moins ailleurs. Les congés climatiques, créés après les inondations de 2024 à Valence, permettent de ne pas venir travailler en cas de phénomène météo défavorable, mais une vague de chaleur n’empêche pas de se rendre sur son lieu de travail. Résultat, Fernando García, 64 ans, qui tient un kiosque à glaces sur la Gran Vía de Madrid, résume la stratégie locale : « Boire de l’eau, se vaporiser le visage et tenir bon. » La ministre du Travail, Yolanda Díaz, a répété que personne ne devait tomber malade ou mourir au travail. Les sanctions contre les entreprises pour infractions liées à la chaleur ont atteint près de 1,6 million d’euros en 2025, soit presque le double de 2022. Le message est clair, mais le chemin reste long.

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