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Elles bricolent, elles réparent, elles s’émancipent: la Chine des femmes se met à l’ouvrage

À Hangzhou, des ateliers de bricolage 100% féminins cartonnent. Objectif : apprendre à réparer son électroménager pour ne plus dépendre de personne.

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Elles bricolent, elles réparent, elles s’émancipent: la Chine des femmes se met à l’ouvrage

À Hangzhou, des ateliers de bricolage 100% féminins cartonnent. Objectif : apprendre à réparer son électroménager pour ne plus dépendre de personne.

Dans un local de Hangzhou, le bruit des pinces et des perceuses n’a rien d’ordinaire. Ici, ce sont des femmes, de la vingtaine à la quarantaine, qui s’exercent à dénuder des fils et à monter des circuits électriques. Derrière elles, une formatrice les guide. L’association qui organise ces sessions s’appelle Mulan Build, clin d’œil à l’héroïne guerrière chinoise. Sa fondatrice, Chen Ning, 27 ans, constate que les esprits évoluent. « De plus en plus de gens rejettent l’idée que certains métiers seraient réservés à un sexe en particulier », explique‑t‑elle. Une à une, les ampoules s’allument. Signe que le travail est bien fait.

Les participantes viennent chercher bien plus qu’un savoir‑faire. Zhang Xuefen, 42 ans, raconte que ses amies ont toujours été « super débrouillardes ». Pour elle, ces compétences ne sont pas une affaire d’hommes. « Ça peut aider les femmes qui vivent seules à se débrouiller pour les petits bricolages à la maison », dit‑elle. Car les foyers féminins se multiplient en Chine, signe du recul du mariage et de l’autonomie financière. Xu Leran, 26 ans, ajoute une autre raison : faire entrer un réparateur masculin chez soi peut être source d’insécurité. Avec une femme, « je me sentirais beaucoup plus à l’aise », confie‑t‑elle. La formatrice Wu Shuang le confirme : les difficultés des femmes seules sont bien réelles. « Leurs voix ont longtemps été négligées, leurs besoins ignorés. »

L’engouement ne se limite pas à Hangzhou. À Shanghai, l’entreprise 38fix propose des formations où des dizaines d’élèves s’essaient au perçage de briques et de bois. Sa fondatrice, Kale Li, s’est intéressée au bricolage après avoir été déçue par des réparateurs masculins peu fiables. En s’inscrivant à un cours d’ingénierie électrique, elle n’a vu presque que des hommes. « J’ai trouvé ça très étrange. Où étaient les femmes ? » Ses ateliers, eux, affichent complet à chaque session. Une participante, Yiling, dit avoir sauté sur l’occasion pour éviter les remarques blessantes qu’elle redoute dans les cours mixtes. Pourtant, les obstacles restent nombreux. Chen Ning déplore qu’il soit « très difficile pour les femmes de percer dans ce secteur » et que beaucoup ne reçoivent pas le respect qu’elles méritent. Chez 38fix, l’équipe essuie régulièrement des doutes sur ses compétences, y compris de la part de clientes. Certaines offres d’emploi excluent encore les femmes. Mais des collectifs féminins durent: DianDian Home Solution, spécialisé en plomberie et montage de meubles, compte plus de 30 000 abonnés sur Xiaohongshu. Et Liu Xingyun, fondatrice de Shero, une entreprise de nettoyage d’appareils ménagers, résume l’esprit: « Filles ou garçons, j’espère que chacun pourra se libérer des carcans et faire ce qu’il veut vraiment. »

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