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Un sommet Otan sous le signe du grand écart entre déclarations d’amour et coups de pression

Donald Trump a célébré une ambiance d’unité et d’affection à Ankara, après un sommet où les alliés ont réaffirmé leur soutien mutuel. Mais quelques heures…

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Un sommet Otan sous le signe du grand écart entre déclarations d’amour et coups de pression

Donald Trump a célébré une ambiance d’unité et d’affection à Ankara, après un sommet où les alliés ont réaffirmé leur soutien mutuel. Mais quelques heures plus tôt, le président américain enchaînait les reproches contre ses partenaires, sur l’Iran, le Groenland ou l’Espagne.

Le décor était planté pour une photo de famille réussie. Réunis à Ankara, les 32 pays de l’Otan ont signé une déclaration commune qui martèle leur engagement “indéfectible” envers l’article 5, la clause de défense collective qui fait de l’attaque contre un membre une attaque contre tous. Sur l’Ukraine aussi, le message est clair : soutien total à Kiev, présenté comme un pilier de la sécurité transatlantique. “C’était une très bonne rencontre, il y avait beaucoup d’amour dans la pièce, beaucoup d’unité”, a lancé Donald Trump à la sortie, adoptant un ton apaisé qui rappelle ses déclarations enthousiastes du sommet précédent à La Haye.

Mais ce tableau idyllique cache des tensions explosives, venues du même homme quelques heures plus tôt. Le matin même, Trump avait ressassé ses griefs habituels : frustration que l’Otan ne l’ait pas aidé contre l’Iran, qu’il qualifie de principal soutien au terrorisme, irritation de ne pas pouvoir s’emparer du Groenland, qu’il juge “très important” pour les États-Unis mais pas pour le Danemark. Il avait même fustigé l’Espagne, qualifiée de “cause perdue”, menaçant de cesser tout échange commercial avec Madrid pour son manque de contribution aux dépenses de défense. Un cocktail de reproches qui contraste violemment avec l’ambiance d’unité affichée en séance plénière.

Les dirigeants européens ont tenté d’éteindre l’incendie. Emmanuel Macron a affirmé n’avoir “pas entendu” ces critiques dans la salle du huis clos. Mark Rutte, le secrétaire général de l’Otan, a choisi de ne pas commenter publiquement les frictions, tout en saluant le rôle de Trump pour pousser les alliés à dépenser davantage. “C’est une grande victoire pour le président américain”, a-t-il lancé, chiffres à l’appui. Car le vrai chantier, immensément complexe, est celui d’une Alliance qui doit devenir plus européenne et moins dépendante des États-Unis. Sur l’Ukraine, Trump a autorisé Kiev à fabriquer des missiles Patriot, tout en jugeant que les frappes en profondeur en Russie pourraient paradoxalement accélérer la fin de la guerre. Les Européens, avec le Canada, se sont engagés à fournir 70 milliards d’euros d’aide militaire à l’Ukraine pour 2026 et 2027, dont 30 milliards déjà prêtés par l’Union européenne. Le prochain sommet se tiendra en Albanie, sans date encore fixée.

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