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Le mari qui a tué et découpé sa femme raconte son geste aux assises

Pendant son procès, Lakhdar Matoug a décrit le meurtre d’Assia, puis le démembrement à la scie et la dispersion des morceaux. Il risque la perpétuité et…

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Le mari qui a tué et découpé sa femme raconte son geste aux assises

Pendant son procès, Lakhdar Matoug a décrit le meurtre d’Assia, puis le démembrement à la scie et la dispersion des morceaux. Il risque la perpétuité et tente d’expliquer son geste par des trous de mémoire.

Dans la salle d’audience surchauffée, Lakhdar Matoug raconte la nuit du drame. Il dit avoir aperçu des billets dans le sac d’Assia, ce qui a déclenché une dispute. Selon lui, elle criait et il voulait la faire taire. Il l’a maintenue sur le canapé, de tout son poids. Le président souligne le déséquilibre, lui 1,92 mètre pour 90 kilos, elle 1,55 mètre et une cinquantaine de kilos. L’accusé baisse la tête et répond qu’il n’a pas pensé à ça. Il affirme ne pas l’avoir frappée, mais les nombreux bleus sur le corps d’Assia restent inexpliqués pour lui. Peut-être s’est-elle cognée à une table basse en verre, avance-t-il.

Après la mort d’Assia, Lakhdar Matoug a recouvert son corps d’une couette et dit aux enfants que leur mère était malade. Puis il l’a caché dans un débarras. Pendant plusieurs nuits, il dit être allé lui parler. C’est là qu’il a eu l’idée de découper le cadavre, car il devenait trop lourd. Le 2 février 2023, après avoir déposé les enfants à l’école, il achète une meuleuse et une bâche chez Castorama. De retour, il utilise une scie et des sacs-poubelle pour démembrer le corps. Il jette une partie dans le parc des Buttes-Chaumont à Paris, l’autre dans un terrain vague à Bobigny. Interrogé sur cet acte, il s’effondre en larmes, disant ne pas pouvoir répondre. Il justifie tout cela par la volonté de protéger ses enfants de l’horreur du meurtre.

Mais derrière ses airs contrits, Lakhdar Matoug laisse parfois éclater sa rage. Quand on évoque la surveillance qu’il exerçait sur Assia, ses yeux lancent des éclairs. Une conversation avec sa tante et sa sœur, où Assia disait qu’elle allait mourir, le fait exploser de colère. Puis il reprend son rôle de mari éploré. L’avocate des enfants, Me Manuela Lalot, dénonce sa tentative de justifier ses actes par la protection des enfants. « On ne peut pas laisser dire que ce qui a été commis a été fait pour protéger les enfants », assène-t-elle. L’accusé, qui encourt la prison à perpétuité, multiplie les « je ne me souviens plus », disant avoir vécu dans deux mondes parallèles. Mais les faits sont là, implacables.

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