Économie
Le piège des retraites françaises se resserre
Le système par répartition montre ses limites face au vieillissement de la population. Les actifs cotisent toujours plus, mais l’équilibre est menacé.


Le système par répartition montre ses limites face au vieillissement de la population. Les actifs cotisent toujours plus, mais l’équilibre est menacé.
Le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites est clair. En 2002, on comptait 2,1 cotisants pour un retraité. En 2025, ce ratio est tombé à 1,8. Et si rien ne change, il pourrait chuter à 1,3 en 2070. Dans le même temps, le nombre de retraités va passer de 17,4 à 22,1 millions. Les dépenses de retraite atteignent déjà 422 milliards d’euros, soit 14,1% du PIB. Le déficit officiel est de 5,1 milliards, mais il cache une réalité plus fragile. Car ce chiffre intègre des contributions d’équilibre massives, près de 57 milliards d’euros, venant de l’État et de certains régimes. Sans ces bouées, le système serait en bien plus grande difficulté.
Le paradoxe est frappant. En France, le niveau de vie moyen des retraités est aujourd’hui supérieur à celui des actifs. En 2023, il représentait 106,5% de la moyenne nationale. Les retraités sont plus souvent propriétaires, ce qui réduit leurs charges. Pendant ce temps, un salarié voit près de 25% de son salaire brut prélevé pour financer les pensions. Cet effort colossal pèse sur les actifs, qui doivent aussi assumer leur propre vie professionnelle et familiale. Résultat, un déséquilibre structurel s’installe entre les générations. Les jeunes doutent de plus en plus de percevoir un jour une pension correcte.
D’autres pays ont déjà réagi. La Suède, dès les années 1990, a combiné répartition et capitalisation obligatoire. Sur les 18,5% prélevés pour la retraite, 16% vont à un régime à comptes notionnels et 2,5% sont investis dans des fonds de pension. La France pourrait s’inspirer de ce modèle à trois piliers. Un socle solidaire en répartition, une capitalisation collective obligatoire pour financer l’économie, et une épargne individuelle volontaire. Bien sûr, il faudra aussi travailler plus longtemps et maîtriser les dépenses publiques. Mais continuer à ajuster l’âge de départ ou la durée de cotisation ne suffira plus. L’élection présidentielle de 2027 pourrait être le moment de trancher. Les Français sont peut-être prêts à entendre une vérité que l’on repousse depuis trop longtemps.
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