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Canicule : un tiers de la France en vigilance rouge ou orange, des records attendus

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Un tiers du pays en vigilance rouge ou orange, avec un thermomètre dépassant souvent les 40°C : la canicule d’une précocité inédite s’amplifie en France, avec des records de température attendus jusqu’à samedi.

Au total, 37 départements, soit 18 millions de personnes, sont concernés.

Dès vendredi,les 40°C seront fréquemment atteints voire dépassés sur un grand quart sud-ouest, selon Météo-France. Jeudi dans l’Hérault, à Saint-Jean-de-Minervois, le thermomètre a déjà grimpé à 40°C: un record de précocité pour la France métropolitaine hors Corse, selon Météo-France. Samedi, des records absolus pourraient tomber sur l’axe Landes, Poitou-Charentes, Vendée.

Le ministère de la Santé a activé un numéro gratuit Canicule info service (08.00.06.66.66) afin de répondre aux interrogations et donner des conseils et celui de l’Éducation a annoncé que les écoliers et collégiens des 12 départements en rouge pourront rester chez eux vendredi.

La ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, sera dans la Vienne, placée en vigilance rouge, à partir de 9H30 pour « faire un point de situation sur la mobilisation des services de l’Etat » face aux « risque liés à la canicule », d’abord à la préfecture puis dans un Ehpad de Poitiers, avant de se rendre dans la commune voisine de Smarves où elle tiendra un point presse en fin de matinée.

La vigilance rouge, niveau le plus élevé du « plan national canicule », commencera vendredi à partir de 14H00 dans 12 départements situés dans le sud-ouest et la façade Atlantique: Charente, Charente-Maritime, Haute-Garonne, Gers, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne, Deux-Sèvres, Tarn, Tarn-et-Garonne, Vendée et Vienne.

Météo-France a en outre étendu la vigilance orange à 25 départements au total, de l’Aude au sud du pays, jusqu’au centre et au Morbihan dans le nord-ouest.

Marqueur du changement climatique

L’Hexagone est touché depuis mardi par cette vague de chaleur précoce, arrivée du Maghreb via par la péninsule ibérique. Les températures ont grimpé en flèche dans toute l’Espagne le weekend dernier, avec des pointes allant jusqu’à 43 degrés et de premiers feux de forêt. Dans le nord de l’Italie, l’eau est rationnée dans plusieurs villes de la Plaine du Po et la Lombardie se prépare à déclarer l’état d’urgence face à une sécheresse record menaçant les récoltes.

« C’est la vague de chaleur la plus précoce jamais enregistrée en France » depuis 1947, indique Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.

« De nombreux records mensuels voire absolus (…) devraient être battus dans plusieurs régions », dit-il, y voyant un « marqueur du changement climatique ».

C’est la quatrième fois -et le plus tôt dans la saison- que la vigilance rouge canicule est utilisée depuis la mise en place du dispositif après les leçons tirées de la canicule historique de 2003 qui avait fait plus de 15.000 morts en France.

Vingt ans après, les maisons de retraite ont mis en place des mesures pour protéger leurs résidents avec arrosage des façades, glaçons dans les boissons, ventilateurs et séquences prolongées dans les salles climatisées. Mais les seniors isolés à leur domicile restent vulnérables.

« On est encore plus vigilants que d’habitude avec les anciens. C’est dur pour eux. Souvent, ils sont seuls, amoindris physiquement, en perte d’autonomie », témoigne Sarah Jalabert, infirmière à domicile dans le Tarn.

Dans ce département, la préfecture a annoncé l’annulation vendredi du départ de la deuxième étape de la Route d’Occitanie qui devait avoir lieu à Graulhet, de même que la la retransmission sur écran géant à Castres de la demi-finale du Top 14 Castres-Toulouse, se tenant vendredi à Nice.

En Gironde, la préfète a annoncé qu’elle allait interdire « toutes les manifestations publiques en extérieur ou dans des locaux non climatisés » à partir de vendredi 14H00, précisant que les préfectures des six autres départements de Nouvelle-Aquitaine placés en vigilance rouge devraient prendre la même mesure.

Plus au nord, en Vendée, la préfecture a levé les mesures de confinement des volailles consécutives à l’épizootie de grippe aviaire.

Avec la chaleur, la qualité de l’air s’est en outre détériorée en Ile-de-France ainsi que dans plusieurs départements d’Occitanie, de Paca et des Hauts-de-France.

Dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, les usagers de la route sont invités à réduire leur vitesse de 20 km/h, notamment sur les autoroutes, en raison d’un épisode de pollution à l’ozone lié à la canicule.

En Ile-de-France, la vitesse maximale des véhicules devra être réduite de 10 km/h.

De leur côté, les pompiers en alerte guettent les départs de feu, favorisés par la chaleur et l’assèchement de la végétation.

Par ailleurs, climatiseurs et ventilateurs font grimper la consommation d’électricité, obligeant la France à importer, selon RTE.

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France

Sécurité routière : forte hausse « très préoccupante » de la mortalité en mai

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Le nombre de personnes décédées en mai sur les routes de France métropolitaine a bondi de 21% par rapport à 2019, année de référence avant la pandémie, des chiffres publiés mardi jugés « très préoccupants » par la Sécurité routière.

En un mois, 293 personnes sont mortes, contre 243 en mai 2019.

« Les chiffres (de mai) sont très préoccupants et appellent à une prise de conscience de la part de tous les usagers de la route pour inverser cette courbe, puisque cela fait deux mois de suite qu’on constate une dégradation », a commenté David Julliard, adjoint à la Déléguée interministérielle à la sécurité routière.

En avril, 262 personnes avaient perdu la vie, en hausse de 11% par rapport à 2019 et de 29% comparé à 2021.

En mai, l’augmentation est de 36% par rapport au même mois l’an passé (216), marqué par certaines restrictions de déplacement en raison de la crise sanitaire.

En mai 2022, « les déplacements sont en hausse de 10% en moyenne par rapport à mai 2021 selon le Cerema » (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), précise la Sécurité routière.

Par rapport à 2019, la mortalité des cyclistes a en mai, quasiment quadruplé: 22 ont trouvé la mort, contre seulement six deux ans auparavant, dans un contexte de développement des mobilités dites douces.

Selon le bilan 2021 de l’accidentalité routière, « un cycliste sur trois se tue seul, sans choc avec un autre usager », note David Julliard, pour qui cette statistique « souligne l’importance des mesures de prudence, et notamment du port du casque, fortement recommandé » à défaut d’être obligatoire pour les plus de 12 ans.

Porter un casque est une pratique qui « progresse mais pas suffisamment à notre goût », a-t-il ajouté.

De son côté, la mortalité des conducteurs de deux roues motorisés a presque doublé en trois ans, passant de 50 décès à 92. Par rapport à mai 2021, la hausse est quasi similaire, de 73%.

« En général, les conducteurs de deux roues motorisés représentent un mort sur cinq. Là, c’est un sur trois. C’est vraiment une préoccupation forte », déplore David Julliard, qui avance une piste d’explication même si « nous n’avons pas encore l’étude sur les facteurs de causalité ». Ainsi, « la météo a été favorable en mai », poussant sans doute les conducteurs à davantage circuler à deux roues.

« Il est assez fréquent que la météo joue sur l’accidentalité des deux roues. Mais il y a aussi très certainement une dégradation des comportements », poursuit l’adjoint à la Sécurité routière.

Par ailleurs, la mortalité des automobilistes (130) a légèrement baissé (2%) en mai comparé à 2019 mais augmenté de 29% par rapport à l’an passé.

En ce qui concerne la segmentation par tranches d’âge, les 18-24 ans ont payé un lourd tribut, avec 51 morts, soit une augmentation de 27% par rapport à 2019 et de 54% comparé à 2021.

Enfin, 23 personnes sont décédées sur les route d’Outre-mer, en hausse de 21% par rapport à 2019 et de 64% à 2021.

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Politique : La France en zone de turbulences politiques après les législatives

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Emmanuel Macron apparaît isolé, lundi matin, au centre d’un paysage politique sens dessus dessous, avec une Assemblée sans majorité claire, dans laquelle son camp recule fortement au profit tant de la gauche que de l’extrême droite.

A l’issue du second tour des législatives dimanche, les candidats macronistes Ensemble remportent 245 sièges, devant la coalition de gauche Nupes et ses alliés (137 sièges) et le RN qui réalise une percée historique (89 sièges). Le nouvel hémicycle comptera 37,3% de femmes, en recul par rapport à 2017 (39%).

Le chef de l’Etat a perdu dans les grandes largeurs la majorité absolue (établie à 289 sièges sur 577) qui, pendant cinq ans, avait voté tous ses projets pratiquement sans discuter. Il hérite à la place d’une Assemblée nationale où à défaut de majorité, vont siéger deux oppositions puissantes qui lui sont résolument hostiles.

Conséquence: deux mois après sa reconduction à l’Elysée, le mandat du président vacille déjà, ses projets de réforme, dont les retraites, aussi. Et la France avance politiquement en terre inconnue.

Symboles de la gifle reçue, les défaites des chefs de file de la macronie à l’Assemblée, deux intimes de M. Macron: le président Richard Ferrand battu dans son fief du Finistère et le patron des députés LREM Christophe Castaner dans les Alpes-de-Haute-Provence. Trois ministres – Amélie de Montchalin (Transition écologique), Brigitte Bourguignon (Santé) et Justine Benin (Mer)- ont également mordu la poussière.

« Il faudra faire preuve de beaucoup d’imagination » pour gouverner, a admis le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

Sur un ton plus volontaire, la Première ministre Elisabeth Borne a promis de « travailler dès demain (lundi) à construire une majorité d’action, il n’y a pas d’alternative ». Elle-même élue de peu dans le Calvados, elle a souligné que « cette situation inédite constitue un risque pour notre pays ».

Borne menacée ?

La cheffe du gouvernement, si elle se voit reconduite, va affronter immédiatement de fortes turbulences, alors que l’exécutif entend pousser avant les vacances d’été un projet de loi sur le pouvoir d’achat en pleine inflation.

Dès dimanche soir, le député LFI Eric Coquerel a estimé que Mme Borne ne pouvait plus « continuer à être Première ministre », et annoncé que l’opposition déposerait « une motion de censure » contre son gouvernement le 5 juillet.

Pour Emmanuel Macron aussi, les tout prochains jours s’annoncent agités. Il va devoir manoeuvrer sur le front intérieur, avec un remaniement de son gouvernement, au moment-même où il sera happé dans un tunnel d’obligations internationales (Conseil européen, G7, sommet de l’Otan).

Jean-Luc Mélenchon, qui doit renoncer à son espoir d’être « élu Premier ministre » mais gagne la direction de la gauche, s’est félicité d’une « déroute totale » du parti présidentiel, en annonçant que la Nupes allait « mettre le meilleur » d’elle-même « dans le combat » parlementaire.

Sans surprise, ce scrutin, le 4e en deux mois après la présidentielle, a été boudé par les Français. Le taux d’abstention atteint près de 53,79%, en hausse d’un point par rapport au premier tour (52,49%), mais inférieur au record de 2017 (57,36%).

Ensemble! devra aussi composer avec un Rassemblement national nettement renforcé qui, avec 89 sièges, constitue la grande surprise de ce deuxième tour, après une campagne en retrait, effacée par le duel entre le camp Macron et la gauche. Le RN, qui ne comptait que huit députés élus en 2017, pourra former un groupe parlementaire pour la première fois depuis 1986, avec sans doute Marine Le Pen à sa tête.

LR survit

« Nous incarnerons une opposition ferme, sans connivence, responsable », a annoncé l’ex-finaliste de la présidentielle, réélue dans le Pas-de-Calais.

Les Républicains (LR), qui représentaient la deuxième force dans l’Assemblée sortante, conservent quelque 70 députés avec leurs alliés de l’UDI et des centristes, un chiffre quasi inespéré vu leur crash à la présidentielle. Leur position sera centrale dans l’Assemblée puisque le camp Macron aura besoin de voix pour atteindre la majorité absolue.

Le chef du parti Christian Jabob a affirmé que LR resterait « dans l’opposition » mais le maire LR de Meaux Jean-François Copé a appelé dimanche à un « pacte de gouvernement » avec Emmanuel Macron, estimant qu' »il appartient à la droite républicaine de sauver le pays ».

Pour Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à l’université Panthéon-Sorbonne, le second mandat d’Emmanuel Macron sera en tous cas « un quinquennat de négociations, de compromis parlementaires. Ce n’est plus Jupiter qui gouvernera mais un président aux prises avec une absence de majorité à l’Assemblée ». Et d’ajouter : « On va vers un quinquennat où le rôle du Parlement sera réhabilité. C’est la pratique de tous les autres pays européens ».

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Législatives : Macron, en tête, perd sa majorité absolue, poussée du RN

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Une victoire au goût de défaite: le camp Macron arrive certes en tête au second tour des élections législatives mais très loin de la majorité absolue face à la forte percée de la gauche unie et aussi du Rassemblement national, selon les estimations.

S’ils sont confirmés, ces résultats inédits sous la 5e République posent la question de la capacité d’Emmanuel Macron à pouvoir gouverner le pays et faire voter les réformes promises.

Deux mois après sa réélection, le chef de l’Etat qui avait exhorté plusieurs fois les Français à lui donner « une majorité forte et claire » n’a pas été entendu. Ces scores interrogent aussi sur la poursuite du bail d’Elisabeth Borne à Matignon: à la recherche d’alliés, M. Macron devra-t-il recomposer du sol au plafond son gouvernement ?

Sans surprise, ce scrutin, le 4e en deux mois après la présidentielle, a été boudé par les Français alors qu’une partie du pays subissait une vague de chaleur inédite. Le taux d’abstention devrait atteindre entre 53,5% et 54%, en hausse de plus d’un point par rapport au premier tour (52,49%), selon les instituts de sondage. Elle n’atteindra toutefois pas le record du second tour de 2017 (57,36%).

Selon les premières estimations, la coalition présidentielle Ensemble!(LREM, MoDem, Agir et Horizons) obtient entre 210 et 240 sièges selon Harris Interactive-Toluna, 210 à 250 sièges selon l’Ifop-Fiducial, 224 selon Ipsos Sopra Steria, 200 à 260 selon Opinionway. Elle serait ainsi loin de son objectif d’atteindre la majorité absolue de 289 députés sur 577, contrairement à 2017, ce qui lui avait permis d’avoir la haute main au Palais Bourbon durant cinq ans.

Le camp Macron devra désormais batailler face à une gauche unie puissante (LFI, PS, EELV et PCF), qui devient la première force d’opposition avec de 150 à 203 députés, selon différents instituts de sondage, 149 selon Ipsos.

Au premier tour, la majorité sortante était arrivée au coude-à-coude – autour de 26% des voix – avec l’alliance de gauche.

Le RN en force

La majorité devra aussi composer avec un Rassemblement national renforcé qui, avec de 67 à 100 sièges selon les estimations, constitue la grande surprise de ce deuxième tour, après une campagne en retrait, effacée par le duel entre le camp Macron et la gauche.

Conséquence, le RN sera en mesure de former facilement un groupe parlementaire, soit au moins 15 députés, ce qui donne davantage de moyens et de temps de parole.

Le parti de Marine Le Pen, réélue dans le Pas-de-Calais, n’y était parvenu qu’une fois dans son histoire, de 1986 à 1988, du temps du Front national, grâce à la proportionnelle.

Au premier tour, il avait totalisé 18,7%, soit 5,5 points de plus qu’en 2017, devant Les Républicains et ses alliés de l’UDI tombés à 11,3%.

Ces derniers, qui représentaient la deuxième force dans l’Assemblée sortante, sont crédités de 30 à 80 députés seulement, selon les différents instituts.

Ministres battus

L’un des enjeux du scrutin est le nombre de ministres qui, parmis les 15 se présentant, devront quitter le gouvernement s’ils sont battus.

Candidate dans le Calvados, la Première ministre Elisabeth Borne serait sortie gagnante de son baptême du feu électoral mais avec le score serré de 53% contre 47% à son jeune adversaire de gauche selon les estimations.

En revanche, la secrétaire d’Etat à la Mer Justine Benin a été battue en Guadeloupe.

D’autres ministres sont menacés, notamment Amélie de Montchalin (Transition écologique), en grand danger dans l’Essonne, comme pour le patron d’En Marche et ministre de la Fonction publique Stanislas Guerini ou encore pour le ministre délégué à l’Europe Clément Beaune, tous deux à Paris.

La situation pourrait également être compliquée pour deux figures de la macronie: Richard Ferrand, le président de l’Assemblée, et pour Christophe Castaner, le patron des députés Marcheurs, dans son fief des Alpes-de-Haute-Provence.

La Nupes s’est félicitée de ses résultats en outre-mer, huit des neuf candidats soutenus par la coalition de gauche ayant été élus en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane, où on a voté dès samedi et qui restent donc majoritairement à gauche.

A noter aussi, l’élection en Polynésie de l’indépendantiste Tematai Le Gayic qui pourrait devenir, à 21 ans, le plus jeune député de l’histoire de la Vème République, sachant qu’il restait en métropole encore deux candidats en lice plus jeunes que lui.

Ce second tour vient clore une longue séquence électorale, ouverte le 10 avril par le premier tour de la présidentielle, qui avait vu la large réélection d’Emmanuel Macron devant Marine Le Pen.

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