Culture
Boualem Sansal assume son choix et défend Grasset malgré les remous
L’écrivain franco-algérien se dit pleinement satisfait de sa nouvelle maison d’édition, tout en s’interrogeant sur la défection de nombreux auteurs après le départ annoncé du directeur Olivier Nora.
Boualem Sansal a affirmé se sentir « super bien » chez Grasset, la maison qui s’apprête à publier son prochain ouvrage. Interrogé sur France Inter, l’auteur a confié avoir été « interpellé » par la réaction de plusieurs écrivains après le limogeage du PDG Olivier Nora. « Je suis super bien franchement », a-t-il déclaré, à une semaine de la parution de « La légende », un récit consacré à son année de détention en Algérie.
L’écrivain s’est retrouvé au centre d’une controverse après avoir quitté Gallimard, son éditeur de toujours, pour rejoindre Grasset, filiale de Hachette Livre contrôlée par Vincent Bolloré. Il a justifié ce choix par des motifs à la fois politiques et matériels. Selon lui, Antoine Gallimard lui avait demandé de libérer l’appartement mis à sa disposition après son retour en France fin 2025. Boualem Sansal a également révélé avoir été surpris d’apprendre que son nouveau contrat prévoyait un à-valoir d’un million d’euros, soit dix fois plus que ce que lui proposait son ancien éditeur. « Je n’ai pas encore touché ce million. J’aimerais bien, parce que j’ai beaucoup besoin d’argent », a-t-il précisé sur TF1.
L’écrivain octogénaire a exprimé son admiration pour Olivier Nora, qu’il qualifie d' »homme extraordinaire ». Il a toutefois souligné que tout se présentait bien jusqu’à l’annonce de son départ. « Une semaine après, des auteurs annoncent qu’ils vont quitter Grasset », a-t-il observé, en référence à la tribune signée par quelque deux cents écrivains refusant de publier dans cette maison. Boualem Sansal s’est interrogé sur la sincérité de cette mobilisation. « Ils savent que Bolloré est patron de Grasset depuis quatre ans. Pourquoi ne sont-ils pas partis plus tôt ? C’est normal qu’une entreprise change de direction », a-t-il ajouté, précisant qu’Olivier Nora n’avait pas encore quitté ses fonctions.
Dans « La légende », Boualem Sansal relate son incarcération en Algérie, où il affirme avoir été « l’otage personnel du président » Abdelmadjid Tebboune. Sur TF1, il a également tenu à clarifier sa position politique. Selon lui, ce sont des journalistes qui l’ont qualifié d’extrême droite. « Ma critique porte sur l’islam, l’islamisme et les islamistes, car l’islam a détruit mon pays », a-t-il expliqué.
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