Politique
Bardella fixe ses conditions à l’aide accordée à l’Ukraine

Le président du Rassemblement national se dit favorable à un soutien à Kiev, mais refuse d’engager des fonds français qu’il juge indisponibles.
Jordan Bardella, figure montante de la vie politique française et candidat potentiel à la présidentielle, a précisé sa position sur l’aide à l’Ukraine. Dans un entretien accordé au Point, il s’est déclaré favorable à un appui à Kiev, tout en excluant catégoriquement d’y consacrer des deniers publics français qu’il estime inexistants. Cette déclaration intervient alors que l’Union européenne s’apprête à verser à l’Ukraine la première tranche d’un prêt d’une ampleur inédite.
La Commission européenne a annoncé le déblocage d’un premier versement de 3,2 milliards d’euros pour le mois de juin, dans le cadre d’un prêt total de 90 milliards d’euros programmé jusqu’en 2027. Cette enveloppe doit financer à la fois des équipements militaires et les besoins courants du budget ukrainien. Mais pour le président du Rassemblement national, cet engagement financier repose sur une illusion. Il affirme que l’Ukraine ne sera jamais en mesure de rembourser une telle somme et que la France, en tant que contributrice, devra supporter une charge de 18 milliards d’euros sur deux ans.
Interrogé sur la capacité de Paris à honorer cette contribution, Bardella a souligné les déficits budgétaires chroniques du pays. Il a estimé que le modèle français, qui consiste à dépenser des ressources que l’État ne possède pas, n’est plus viable. Sans pour autant détailler la forme que prendrait l’aide française à l’Ukraine sous une éventuelle présidence RN, il a réaffirmé son refus de transférer des fonds qui manquent cruellement à l’économie nationale.
Le dirigeant d’extrême droite a également évoqué son inquiétude face à ce qu’il qualifie de niveau de corruption très élevé au sein du régime ukrainien. Il a par ailleurs rappelé son opposition à toute escalade militaire avec la Russie. Tout en continuant de condamner la violation de l’intégrité territoriale ukrainienne par Moscou, il a plaidé pour l’ouverture rapide de négociations en vue d’une paix assortie de garanties de sécurité pour l’Ukraine.

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