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Au Venezuela, les habitants fouillent les décombres à mains nues après le double séisme
Plus de 72 heures après les deux puissants tremblements de terre, le pays cherche encore des survivants. Entre colère contre les autorités et arrivée…


Plus de 72 heures après les deux puissants tremblements de terre, le pays cherche encore des survivants. Entre colère contre les autorités et arrivée massive de secouristes étrangers, chaque vie sauvée devient un miracle.
Samedi soir, à La Guaira, une chaîne humaine de dizaines de personnes s’est formée autour d’un petit hôtel effondré. Les décombres passaient de main en main, des carreaux cassés, des pierres, de la poussière. Luis Flores, 54 ans, commerçant, soufflait. « C’est très dur. On fait tout ça à la seule force des bras », a-t-il confié. Dans ce quartier, les habitants ont sorti quatre survivants des gravats, dont une petite fille, et trois morts. Les secours locaux, eux, continuaient leur route sans s’arrêter. Alors, Barbara Palacios, 34 ans, toujours sans nouvelles de son mari Jonathan Suarez, 36 ans, a bloqué la route principale avec d’autres familles. Pour dénoncer l’absence totale du gouvernement dans les opérations de sauvetage.
Pourtant, des sauvetages redonnent espoir. Un garçon de 11 ans a été extrait vivant des décombres à Caraballeda, une ville côtière voisine de Caracas. La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a partagé la vidéo sur X en écrivant : « Chaque vie est source d’espoir pour le Venezuela ». La veille, à La Guaira, un nourrisson avait été sauvé par des habitants. Un homme en larmes tenait le bébé dans ses bras, la scène filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Mais ces moments de joie restent rares face à l’ampleur du désastre. Les secousses, de magnitude 7,2 et 7,5, ont frappé le nord du pays mercredi. Le bilan officiel est de 1 430 morts et 3 238 blessés, selon le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez. Un nombre qui devrait lourdement grimper, car plus de 50 000 personnes sont portées disparues, a averti Tom Fletcher, responsable de l’aide humanitaire de l’ONU à Genève. Près de sept millions de personnes seraient touchées, selon l’ONU, et les dégâts matériels atteignent sept milliards de dollars, soit 6 % du PIB du pays.
La colère monte aussi contre les restrictions gouvernementales. Dans l’État de La Guaira, l’accès est limité, et les bénévoles doivent obtenir un laissez-passer pour entrer. « Il faut un permis pour sauver des vies… rendez-vous compte », s’est indigné Carlos Itriago, 27 ans. Ezequiel Rivero, 53 ans, a ajouté : « Je fais la queue depuis l’aube pour pouvoir aller secourir des gens. Combien de vies avons-nous déjà perdues entre-temps ? » Yessica Mendoza, elle, a dû transporter elle-même le corps de sa fille à la morgue de Caracas. Sa fille Yesimar Rodriguez et son mari Jhomel Anaya sont morts à La Guaira. « C’est nous qui les avons sortis nous-mêmes. Aucune aide n’est jamais arrivée », a-t-elle raconté. Le couple sera incinéré sans cérémonie, à cause de la décomposition rapide. En face, l’aide étrangère arrive en force. Vingt-quatre pays ont envoyé 521 tonnes de matériel, plus de 2 700 secouristes et 86 équipes canines. Une équipe espagnole a sorti vivant Antonio, un quinquagénaire. Le Salvador a aussi sauvé Hinda Ramirez, coincée sous les décombres de sa résidence. Les États-Unis ont déployé près de 250 secouristes civils spécialisés. Le Venezuela, pays à risque sismique, n’avait pas connu un tel séisme depuis 1997.
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