Politique
Les loyalistes écrasent le scrutin en Nouvelle-Calédonie, la province Sud bascule nettement
Le camp non-indépendantiste remporte haut la main les élections provinciales dans la province la plus peuplée du Caillou. Un vote décisif, marqué par une…


Le camp non-indépendantiste remporte haut la main les élections provinciales dans la province la plus peuplée du Caillou. Un vote décisif, marqué par une participation en baisse, deux ans après les émeutes meurtrières de mai 2024.
La liste d’union des Loyalistes et du Rassemblement dépasse les 50% des suffrages en province Sud, selon les résultats partiels qui couvrent la majorité des communes, dont Nouméa. Sonia Backès, la présidente sortante de cette province, a savouré la victoire devant ses partisans. Elle crédite sa liste de 27 à 28 sièges sur 40 et y voit un message clair pour le maintien de la Calédonie dans la République. Les électeurs de cette région dense ont massivement choisi ce qu’elle appelle un vote utile. La participation finale atteint 63,7%, un recul par rapport aux 66,5% de 2019, selon le haut-commissariat.
Ce scrutin s’est déroulé dans le calme, mais il intervient dans un climat tendu. En mai 2024, des émeutes meurtrières ont fait 14 morts et plus de deux milliards d’euros de dégâts. Leur déclencheur : un projet d’élargissement du corps électoral, gelé depuis 2007. Aujourd’hui, seuls les résidents installés avant 1998 et leurs descendants peuvent voter. Une loi organique a tout de même intégré 10 575 natifs exclus, portant le nombre d’inscrits à environ 192 500. Mais les plaies restent ouvertes. Des milliers de forces de l’ordre, dont 1 120 gendarmes mobiles, sont toujours déployées jusqu’à mi-juillet.
Dans les autres provinces, les équilibres bougent. En province Nord, fief historique indépendantiste, la liste UC-FLNKS devance l’UNI de Paul Néaoutyine, qui dirigeait la région depuis 1999. Ce basculement reflète la fracture née de l’accord de Bougival signé en juillet 2025, rejeté par l’UC-FLNKS mais soutenu par l’UNI. Au Congrès de Nouvelle-Calédonie, qui réunit 54 des 76 élus provinciaux, les loyalistes deviendraient la première force avec 24 sièges, mais sans majorité absolue. L’Éveil océanien, qui défend les intérêts des Wallisiens et Futuniens, pourrait jouer les arbitres avec quatre sièges. Les négociations institutionnelles doivent reprendre en juillet, mais les positions restent très éloignées.
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