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Au Venezuela, huit jours après les secousses, les sauveteurs affrontent le silence des décombres
Des capteurs qui ne répondent plus. Un père qui cherche encore son fils. Huit jours après le double séisme, le Venezuela compte ses morts et ses disparus…


Des capteurs qui ne répondent plus. Un père qui cherche encore son fils. Huit jours après le double séisme, le Venezuela compte ses morts et ses disparus, et la résignation gagne du terrain.
Ils ont passé trente heures à scruter les gravats, à espérer un battement, un souffle. Les capteurs de radiofréquence avaient détecté des signes de vie, ténus mais réels. Puis plus rien. Le silence est tombé sur ce qui reste d’un immeuble de la station balnéaire de La Guaira, au nord de Caracas. Les secouristes ont dû se résoudre à suspendre leur opération. Quelques heures plus tôt, une autre équipe avait pourtant réussi à sortir un homme de 43 ans vivant, huit jours après l’effondrement de son immeuble de sept étages. Un miracle dans un paysage de ruines.
Mais ce genre d’histoire reste l’exception. Le double séisme du 24 juin, de magnitudes 7,2 et 7,5, a fait plus de 2 500 morts selon les autorités. L’ONU évoque des dizaines de milliers de personnes disparues. Dans les rues défoncées, la population cherche encore les siens. Hernán Sandoval, 26 ans, marin de profession, a fait le tour des hôpitaux et des centres d’accueil. Il poste des messages sur les réseaux sociaux pour retrouver son fils Ronald, 8 ans, et ses deux neveux. « Mon Dieu, pourquoi emportes-tu mon fils alors que c’est un ange ? » supplie-t-il. Il dit garder la foi, mais autour de lui, les secouristes ne trouvent plus rien. Le corps humain peut survivre jusqu’à sept jours sans eau. La catastrophe a eu lieu il y a huit jours. La chaleur accablante de La Guaira réduit encore les chances.
Les équipes venues de 27 pays travaillent sans relâche, mais l’horloge tourne. Un secouriste mexicain explique avoir capté des signes sur son appareil de radiofréquence, sans pouvoir établir de contact. Il creuse, déblaie, fait taire les moteurs des voitures. Il crie dans le silence, espère une réponse. Rien. Il estime que vendredi, neuvième jour, sera le dernier pour les recherches. Une équipe américaine avec des chiens et un détecteur de sons ultrasensible n’obtient aucun résultat. Pendant ce temps, les proches des disparus s’organisent. Marina Castillo, 67 ans, attend qu’on sorte le corps de son petit-fils Alexandro, 24 ans, étudiant en droit. Des bénévoles sont parvenus jusqu’à son appartement, ont vu ses livres et ses dossiers. Mais impossible de l’extraire. Mirosnel Gordon a écrit sur sa maison « à l’aide, ma mère est morte là ». La famille a recouvert le corps de chaux pour freiner la décomposition, mais manque d’engins pour dégager la poutre qui bloque l’accès. Jonathan Soto est venu avec sa pelleteuse depuis l’État d’Anzoátegui, à plusieurs centaines de kilomètres. Les gens réclament son aide, il les appelle au calme. Le désespoir monte, mais certains refusent de plier. Joan Manuel Lucena, dont la belle-mère a disparu sous un complexe d’habitation, promet de ne pas partir « vivants ou morts, nous les sortirons de là ». Une détermination qui tient face au vide des décombres.





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