Société
Alain Carignon relève le défi à Grenoble


L’ancien maire, malgré un lourd passé judiciaire, défie la favorite écologiste Laurence Ruffin dans une ville qui semble promise à la gauche.
La cité alpine s’apprête à tourner une page politique. Après une décennie sous la bannière écologiste d’Éric Piolle, qui ne se représente pas, une dizaine de candidats se disputent la succession. Parmi eux, une figure historique tente un retour improbable. Alain Carignon, ancien ministre et édile de 1983 à 1994, porte les couleurs des Républicains. Sa candidature affronte celle de Laurence Ruffin, cheffe d’entreprise et sœur du député François Ruffin, qui bénéficie du soutien de la majorité sortante et caracole en tête des intentions de vote.
Les derniers sondages créditent la candidate écologiste d’une avance notable au premier tour. Elle rassemble une coalition de huit formations, dont le Parti socialiste, autour d’un projet visant à poursuivre la trajectoire engagée tout en ouvrant une nouvelle ère. Face à elle, l’ancien maire, âgé de soixante-dix-sept ans, mise sur un thème, la sécurité, pour combler son retard. Il dénonce une ville qu’il estime fragilisée par le narcotrafic et cherche à convaincre les électeurs préoccupés par ces questions.
L’équation électorale a connu un récent bouleversement avec le ralliement du centriste Pierre-Édouard Cardinal à la liste de M. Carignon. Cette alliance, si elle se concrétise dans les urnes, pourrait sensiblement resserrer l’écart avec le camp de Mme Ruffin. Toutefois, cette manœuvre a valu des désaveux, notamment du parti présidentiel, illustrant les tensions que suscite cette union.
Du côté écologiste, la sérénité semble de mise. La secrétaire nationale Marine Tondelier, venue apporter son soutien à la tête de liste, a estimé que Grenoble ne figurait pas au premier rang de ses préoccupations. Elle mise sur un report des voix de gauche dès le premier tour, anticipant un possible effet de mobilisation en réaction à l’actualité nationale. Pour le second tour, les discussions d’alliance avec La France insoumise restent ouvertes, mais seront abordées au cas par cas, conformément à la ligne habituelle des écologistes.
La candidate Ruffin, quant à elle, affirme sa volonté d’incarner une union large. Elle ne ferme la porte à aucun dialogue, que ce soit avec les insoumis ou avec d’autres listes de gauche. Son objectif affiché est double, préserver l’ancrage à gauche de la ville tout en maintenant son engagement écologiste. L’enjeu pour elle consiste à transformer l’avantage confortable dont elle dispose dans les enquêtes d’opinion en victoire définitive le jour du scrutin.





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