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À Bordeaux, une prison où les détenus vivent à moins d’1,5 m² et les surveillants manquent à l’appel

La surpopulation atteint un record de 191% dans ce centre pénitentiaire. Cafards, violences et manque de personnel plongent l’établissement dans une…

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À Bordeaux, une prison où les détenus vivent à moins d’1,5 m² et les surveillants manquent à l’appel

La surpopulation atteint un record de 191% dans ce centre pénitentiaire. Cafards, violences et manque de personnel plongent l’établissement dans une situation jugée urgente par les autorités.

Au centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan, conçu pour accueillir 633 personnes, on en dénombre aujourd’hui 1 188. Cela représente un taux d’occupation de 191%, bien au-dessus de la moyenne nationale qui vient elle aussi de battre un record à 139%. L’établissement ne parle plus de places mais de matelas posés au sol. L’autorité indépendante chargée du contrôle des prisons a publié un rapport d’urgence, après une première alerte en 2022 déjà suivie d’une injonction du tribunal administratif.

Dans les cellules, l’espace par détenu oscille entre 0,9 et 1,4 mètre carré. En période de canicule, certains comparent leur quotidien à une cocotte-minute. Les cafards infiltrent les réfrigérateurs et les affaires personnelles. Beaucoup de détenus évitent d’aller aux douches de peur des bagarres et du manque total d’intimité. Les violences entre prisonniers ont grimpé de 96% entre 2023 et 2025, en raison de la promiscuité et du manque d’activités.

Un quart des postes de surveillants sont vacants ou pourvus par des arrêts maladie. Cela réduit les activités, les parloirs, les entretiens avec les services de probation et même l’accès aux soins. Un syndicaliste sur place raconte que certains étages censés avoir deux surveillants doivent se débrouiller avec un seul quand cinq ou six agents manquent à l’appel. Un nouveau bâtiment de 275 places a été livré l’an dernier mais il est déjà surpeuplé. Le futur centre pénitentiaire, attendu pour fin d’année, ne résoudra rien selon les syndicats : il se fera avec les mêmes effectifs, et le recrutement reste impossible.

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