Monde
Huit pays d’Europe et du Moyen-Orient cherchent une voie d’apaisement à Istanbul
Les ministres des Affaires étrangères de huit pays se retrouvent à Istanbul pour tenter de contenir une région en proie à plusieurs conflits. Le dossier…

Les ministres des Affaires étrangères de huit pays se retrouvent à Istanbul pour tenter de contenir une région en proie à plusieurs conflits. Le dossier iranien et les détroits stratégiques dominent les échanges, avec un objectif commun, éviter une nouvelle escalade entre Washington et Téhéran.
La réunion d’Istanbul rassemble les chefs de la diplomatie de la France, du Royaume-Uni, de l’Allemagne et de l’Italie, ainsi que de la Turquie, de l’Arabie saoudite, du Pakistan et de l’Égypte. Un format inédit, rendu nécessaire par la multiplication des conflits dans la zone et par l’absence de solutions évidentes. Tous cherchent des leviers de désescalade alors que plusieurs foyers de tension s’alimentent les uns les autres.
Au centre des discussions figurent les détroits d’Ormuz et de Bab-el-Mandeb. Leur paralysie pèse sur le commerce mondial et fait monter le prix de l’énergie. Les frappes des Houthis du Yémen, alliés de Téhéran, contre l’Arabie saoudite ont pris une ampleur inédite depuis le début du conflit yéménite. Elles s’inscrivent dans la guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran.
Jean-Noël Barrot a prévenu qu’une nouvelle escalade entre l’Iran et les États-Unis ne produirait que des perdants et pèserait lourdement sur le prix des hydrocarbures. Pour lui, le groupe des huit doit d’abord appeler les deux parties à une retenue maximale. Antonio Tajani a ajouté qu’une sortie purement militaire n’est pas envisageable. Rouvrir Ormuz, essentiel pour les économies, suppose de favoriser le dialogue et de faire comprendre à l’Iran que cette attitude ne peut pas durer.
La question palestinienne et les responsabilités d’Israël dans la crise, selon Ankara, ont aussi été abordées, comme les conséquences dramatiques en mer Noire de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Mais le dossier iranien a occupé le devant de la scène. Ed Miliband a mis en avant la manière dont les tactiques iraniennes se reproduisent dans la région, avec des attaques contre l’Arabie saoudite qui la déstabilisent davantage.
La Turquie, à l’origine de la rencontre dans un grand hôtel de la rive occidentale du Bosphore, veut peser comme puissance régionale de premier plan. Elle a fondé avec le Pakistan et l’Arabie saoudite un pacte de défense baptisé Alliance de la Mecque. L’Égypte ne l’a pas encore rejoint, même si elle envisage d’intervenir pour défendre son allié saoudien face aux Houthis. Les quatre pays de la région se sont d’abord réunis dans un format dit R4, pendant que les quatre Européens faisaient de même. Tous se sont ensuite retrouvés en séance plénière.
Hakan Fidan défend une prise de responsabilité par les pays de la région. Il estime que les cadres régionaux deviennent des plateformes crédibles et que la stabilité ne peut pas être importée. Des solutions durables ne peuvent pas être imposées de l’extérieur, ajoute-t-il. La Turquie entretient des relations exécrables avec Israël, qu’elle accuse de génocide à Gaza, tout en gardant de bons contacts avec Téhéran et Washington. Hakan Fidan s’est encore entretenu avec son homologue iranien Abbas Araghchi.
Ankara veut donner plus de corps à ce pacte jeune, qui réunit la deuxième armée de l’Otan, la plus grande puissance du Golfe et la seule puissance nucléaire du monde musulman. Pour Hakan Fidan, l’Alliance de la Mecque doit servir la paix, la prospérité et l’avenir de la région. Une responsabilité régionale assumée offrirait, selon lui, plus de chances à ces efforts. Jean-Noël Barrot a salué des discussions très constructives et annoncé que les huit pays continueront à se réunir régulièrement.
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