Politique
Les départements claquent la porte du congrès et laissent le gouvernement sur le seuil
Réunis à Reims, les départements espéraient le Premier ministre pour parler budget. Ils ont eu une ministre, des huées, et la promesse d’un rendez-vous à…


Réunis à Reims, les départements espéraient le Premier ministre pour parler budget. Ils ont eu une ministre, des huées, et la promesse d’un rendez-vous à Matignon à la mi-novembre.
À Reims, vendredi, Françoise Gatel n’a pas été accueillie comme une invitée ordinaire. La ministre de la Décentralisation est montée à la tribune sous les huées d’une bonne partie de la salle. Beaucoup d’élus ont préféré sortir dans le hall, où une Marseillaise a été entonnée. Dans le congrès des départements, ce geste résume une colère qui couvait depuis des mois.
Le vrai reproche ne visait pas la ministre, mais l’absence de Sébastien Lecornu. Le chef du gouvernement n’est pas venu, alors que la coutume veut qu’il se rende à ce rendez-vous annuel. L’an dernier, il avait lui-même annoncé un fonds de sauvegarde de 600 millions d’euros. Cette fois, les départements attendaient des explications sur plus de 1,2 milliard d’euros de mesures budgétaires qui les touchent de plein fouet, à l’intérieur d’un ensemble de 5,4 milliards d’euros de coupes visant les collectivités.
Ils ont reçu autre chose. Quelques heures après avoir réclamé sa venue, un courrier les a conviés à Matignon à la mi-novembre. « J’aurais aimé un petit coup de fil », a lancé François Sauvadet, président UDI du conseil départemental de la Côte-d’Or. Pour lui, cette « missive », la deuxième depuis l’été, n’a rien d’« un dialogue responsable et respectueux ». Il craint même qu’elle « exacerbe les tensions ». Xavier Bertrand, président LR de la région Hauts-de-France, était dans la salle pour entendre cela.
Il faut dire que ces collectivités rament depuis des années. Elles encaissent de plein fouet la baisse des recettes liées aux transactions immobilières, pendant que les aides sociales qu’elles versent ne cessent de grimper. Cette double pression a vidé leurs marges de manœuvre, et le budget qui s’annonce n’arrange rien. Jean-Luc Gleize, président PS de la Gironde, a parlé d’un « dédaigneux mépris du gouvernement ». Nicolas Lacroix, qui porte la voix des départements de droite et du centre, a évoqué la trahison. Jean-Léonce Dupont, ancien sénateur et responsable des finances à Départements de France, a résumé sa « colère glacée » en une phrase. Un Etat en faillite, selon lui, met les départements en faillite.
Face à cette salve, Françoise Gatel a défendu son Premier ministre. Elle a refusé de laisser dire qu’il n’avait pas osé venir, rappelant qu’il connaît bien ces élus, qu’il est courageux et responsable, et qu’il pilote « un bateau profondément secoué » alors que l’exécutif affronte par ailleurs une crise avec les lycéens. L’échange le plus tendu est venu du même Jean-Léonce Dupont, qui avait lancé qu’un ministre « ça démissionne ou ça ferme sa gueule ». La réponse est tombée net. Elle est ministre pour servir, elle ne démissionne pas et elle ne fermera pas sa gueule. Dans la salle à moitié vide, elle a tout de même annoncé une mesure concrète, la part de CSG qui pourra être affectée aux départements passant de 300 à 400 millions d’euros. La veille, le président du Sénat Gérard Larcher avait promis de veiller à leur sort. Cela n’a suffi à calmer personne.
Reste à savoir ce que tout cela changera dans la vie quotidienne. Olivier Richefous, président UDI de la Mayenne, ne se fait guère d’illusions. Si le débat parlementaire s’enlise et que le budget est adopté en l’état, c’est la version initiale qui s’appliquera. Résultat annoncé, moins de kilomètres de routes entretenues, moins de travaux dans les collèges, moins de soutien aux clubs sportifs, et une baisse de 10 à 15 % de l’investissement local. Sur la question du déplacement à Matignon à la mi-novembre, François Sauvadet a gardé la réponse pour plus tard. Il la donnera, dit-il, le moment venu.
À lire aussi





PolitiqueEn Ligne 7 joursLes députés rejettent le budget 2027, Lecornu face à un casse-tête



Faits DiversEn Ligne 4 joursMimi Marchand jette l’éponge en pleine audience, Karine Le Marchand vide son sac



EuropeEn Ligne 6 joursTrump réclame un nouveau président en Ukraine et Zelensky dénonce un écran de fumée



SociétéEn Ligne 6 joursLa mobilisation lycéenne ne lâche rien et prépare une journée à haut risque



SociétéEn Ligne 1 jourLa 2CV revient en version électrique et divise ses fidèles



PolitiqueEn Ligne 6 joursÀ Gergovie, Mélenchon va chercher dans l’Histoire de quoi nourrir sa campagne



PolitiqueEn Ligne 6 joursPrimaire à gauche, cinq prétendants et un scrutin bousculé par une cyberattaque



Faits DiversEn Ligne 4 joursDes pirates font dégivrer les frigos de centaines de supermarchés à distance








